RDC : l’UNICEF appelle à une mobilisation renforcée pour la protection de l’enfance et la sécurité des humanitaires

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Des enfants déplacés à Bagata et Kikongo

À l’issue d’une mission de cinq jours en République démocratique du Congo, le Directeur régional d’UNICEF, Gilles Fagninou, a tiré la sonnette d’alarme face à la détérioration rapide de la situation des enfants, particulièrement dans l’est du pays, en proie à une escalade des violences.

Au cours de son déplacement, M. Fagninou a rencontré plusieurs autorités gouvernementales ainsi que des représentants de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23). Les échanges ont porté à la fois sur les progrès réalisés en matière de droits de l’enfant et sur les défis majeurs qui persistent. Parmi les priorités évoquées figurent la prévention des violations graves des droits de l’enfant, la protection des civils et du personnel humanitaire, ainsi que la sécurisation des écoles et des structures de santé. Il a également insisté sur l’urgence de lutter contre le recrutement d’enfants par des groupes armés.

La situation humanitaire demeure extrêmement préoccupante. Plus de 7 millions de personnes sont actuellement déplacées dans l’est de la RDC, dont environ 2,5 millions d’enfants. En 2024, près de 4 000 violations graves des droits de l’enfant ont été recensées. Les enfants représentent plus de 40 % des victimes de violences sexuelles, ce qui montre l’ampleur dramatique de leur vulnérabilité. 

« Les attaques contre les écoles, les centres de santé et les infrastructures civiles continuent de priver des milliers d’enfants d’un accès à l’éducation, aux soins et à des conditions de vie sûres », souligne un communiqué de l’Unicef.

La crise sécuritaire impacte également fortement les opérations humanitaires avec plus de 626 incidents affectant les acteurs humanitaires enregistrés en 2025 à travers le pays, d’après OCHA. Une situation qui compromet l’accès à l’aide pour les populations les plus vulnérables.

« Les attaques contre les travailleurs humanitaires ne visent pas seulement le personnel d’aide, elles visent les enfants et les familles qui dépendent d’une aide vitale. Chaque fois qu’un accès est bloqué, ce sont la nourriture, l’eau et les médicaments qui n’atteignent pas ceux qui en ont le plus besoin », a déclaré M. Fagninou.

Face à cette situation, le Directeur régional a rappelé l’importance du respect du droit international humanitaire et a plaidé pour un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave, notamment dans les zones de front.

Kuzamba Mbuangu