RDC: charbon de bois, déplacements, pauvreté, les effets sociaux du boom minier

Ph. Droits tiers
Ph. Droits tiers

Dans les zones minières du sud-est de la République démocratique du Congo, l’expansion de l’exploitation du cuivre et du cobalt ne transforme pas seulement les paysages: elle bouleverse aussi les conditions de vie des populations locales.

Selon un rapport publié en mars par les ONG Afrewatch et Fern, les effets de la déforestation liée aux activités minières s’étendent bien au-delà des sites d’exploitation, avec des conséquences sociales et économiques en cascade .

Autour des mines industrielles, l’arrivée de travailleurs et de leurs familles entraîne une pression accrue sur les terres et les ressources. En l’absence d’alternatives économiques structurées, de nouvelles zones sont défrichées pour l’habitat ou l’agriculture.

La production de charbon de bois, principale source d’énergie domestique dans des provinces où l’accès à l’électricité reste limité, connaît également une forte expansion, facilitée par le développement des infrastructures routières liées aux projets miniers .

Parallèlement, des exploitations artisanales non réglementées se développent à proximité des sites industriels, avec la formation de camps informels où les populations vivent dans des conditions précaires et participent à l’extraction.

L’extension des permis miniers entraîne aussi des déplacements de communautés et une insécurité foncière accrue, certaines populations perdant l’accès à leurs terres agricoles et forestières.

“Les mineurs travaillent, mais nous souffrons de la poussière, de la chaleur et du silence des forêts mortes”, témoigne dans le rapport Déogracias Yambisa, acteur de la société civile dans une zone minière .

Pour les organisations à l’origine de l’étude, ces dynamiques contribuent à une dégradation des moyens de subsistance et à une aggravation de la pauvreté, dans des territoires déjà fragiles.

Elles plaident pour une meilleure prise en compte des droits des communautés locales, notamment à travers la gestion communautaire des forêts et une plus grande transparence dans les projets miniers et d’infrastructures.

Dans ces régions, la transformation du paysage forestier s’accompagne ainsi d’une recomposition sociale rapide, dont les effets pourraient s’inscrire durablement.