RDC : "nous avons fait le choix de la démocratie par conviction mais nous observons que son usage, notamment sur les réseaux sociaux, pose problème", note Patrick Muyaya qui dénonce des dérapages

Patrick Muyaya
Patrick Muyaya

Le gouvernement de la République démocratique du Congo, par la voix de son porte-parole Patrick Muyaya dénonce les dérives observées dans l’usage des réseaux sociaux dans le paysage médiatique congolais. Ce constat intervient dans un contexte marqué par des attaques et des insultes visant la Première ministre, Judith Suminwa, ainsi que des atteintes à sa vie privée, attribuées à certains sympathisants du régime se réclamant de "communicateurs privés du chef de l’État", à la suite de son passage sur TV5 Monde.

Répondant à la question de la presse sur une éventuelle faiblesse de la loi relative au Code du numérique, censée encadrer le secteur, Patrick Muyaya a indiqué, lors du briefing tenu  lundi 27 avril 2026, que la République démocratique du Congo, ayant fait le choix de la démocratie par conviction, constate que l’exercice de cette démocratie, notamment sur les réseaux sociaux, pose problème. À l'en croire, la critique est normale, mais ce qui se passe actuellement dépasse le cadre de la simple critique.

"Ce que nous avons vu  sur les réseaux sociaux, bien au-delà de la critique parce-que n'oubliez pas que nous sommes la République Démocratique du Congo et que depuis le début de  ce conflit avec le Rwanda, nous avons fait le choix de préserver ce que nous avons comme acquis démocratique. Je peux rappeler même un peu plutôt y compris pendant une période des tensions pendant la période électorale en décembre 2023, l'Internet n'a pas été censuré comme on le voyait auparavant ça veut dire que nous avons fait le choix de la démocratie par conviction, mais nous observons par ailleurs, que l’usage de cette démocratie notamment sur les réseaux sociaux, pose problème", a fustigé le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya.

Dans le même registre, Patrick Muyaya a rappelé l’existence d’une circulaire de son collègue de la Justice ordonnant des poursuites contre les auteurs de violations du Code du numérique dans l’usage des réseaux sociaux. Il a indiqué que la population ne doit pas considérer les réseaux sociaux comme un espace de libertinage, alors que le secteur est bel et bien encadré par la loi.

"On a droit à la critique, on a pas droit à l'insulte, on a pas droit aux menaces, on a pas droit au harcèlement, il y a des principes de droit qui doivent être connus de tous autant nous tenons à la constitution dans ce qu'elle prévoit en terme de promotion de respect des libertés, autant cette Constitution prévoit aussi que les droits des uns et des autres qui sont lésés puissent obtenir justice. Il existe une note circulaire du ministère de la justice, on refera une communication spécifiquement à ce sujet avec le ministre de la justice autour de ça pour que les uns et les autres sachent que dorénavant, il ne faut pas considérer les réseaux sociaux comme un espace de libertinage ou vous pouvez aller dans les attaques, dans les insultes, dans la diffusion des messages de haine, des messages contre toutes les personnalités publiques ou pas publiques, ce que nous vivons sur nos réseaux sociaux c'est un dérapage et donc lorsque nous faisons ce rappel, ce n'est pas que nous voulons mettre l'épée sur chacun de nos compatriotes parce qu'on ne sera jamais derrière tout le monde pour que les uns et les autres fassent un usage responsable des réseaux sociaux et qu'on sache situer la limite entre la decense, entre la courtoisie, entre la critique et les insultes, c'est une invitation qui est faites à tous, je pense que les journalistes pourront aussi, chacun a son niveau y contribuer, il y va de la nécessité de la salubrité de notre démocratie", a soutenu le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya.

Cette réaction intervient dans un contexte où l’un des sympathisants du régime en place, se réclamant " communicateur privé " du chef de l’État, s’en est pris à la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, à travers des insultes, des atteintes à sa vie privée et des attaques personnelles. Des voix s’étaient élevées dans l’environnement sociopolitique congolais pour dénoncer et fustiger ces attaques visant la cheffe du gouvernement, notamment depuis sa récente sortie médiatique consacrée à la question des migrants de pays tiers en provenance des États-Unis d’Amérique, en vue de leur relocalisation en RDC. 

Insatisfaits de ses réponses, certains citoyens et militants de formations politiques n’ont pas hésité à s’en prendre à elle, allant jusqu’à porter atteinte à sa vie privée et à son intimité. De son côté, le gouvernement a condamné avec fermeté la recrudescence, sur les réseaux sociaux et autres espaces numériques, de publications comportant injures, diffamations, menaces, outrages et autres formes d’atteintes visant la Première ministre, ainsi que d’autres responsables publics.

Dans un communiqué, il a précisé que les autorités judiciaires et les services compétents ont été saisis afin de constater les faits, d’identifier les auteurs, co-auteurs, complices, commanditaires et relais éventuels  y compris ceux agissant dans l’anonymat, depuis l’étranger ou au moyen de dispositifs numériques dissimulés et d’engager, le cas échéant, les poursuites prévues par la loi.

Clément MUAMBA