Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a publié son tout premier rapport de l'année 2026 sur les incidents affectant les acteurs humanitaires à travers le territoire de la République Démocratique du Congo. Selon ce rapport, parvenu à la rédaction de ACTUALITE.CD ce vendredi 27 février, 37 incidents affectant les acteurs humanitaires ont été recensés dans l’est de la RDC en janvier 2026, soit une baisse par rapport aux 48 incidents enregistrés en décembre 2025.
Sur ces 37 incidents, 16 (43 %) se sont produits au Sud-Kivu, 15 (41 %) au Nord-Kivu, 3 (8 %) en Ituri, 3 (8 %) au Tanganyika, et aucun au Maniema. Cette diminution souligne le rapport de l'Agence Onusienne, suggère une relative amélioration du contexte opérationnel en ce début d’année, même si l’insécurité demeure présente dans plusieurs provinces.
"Pour la première fois en 12 mois, aucun incident grave (blessure, enlèvement ou meurtre de personnel humanitaire) n'a été signalé en janvier" précise le bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA)
Depuis janvier 2025, rappelle le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), 663 incidents affectant les acteurs humanitaires ont été recensés. Le Nord-Kivu demeure la province la plus touchée avec 305 incidents (46 % du total), suivi du Sud-Kivu (193 incidents, 29 %), de l’Ituri (92 incidents, 14 %), du Tanganyika (51 incidents, 8 %) et du Maniema (22 incidents, 3 %). Pour OCHA, cette répartition confirme la persistance de difficultés d’accès dans les principales zones d’intervention.
Par rapport à 2025, poursuit OCHA, janvier 2026 montre une proportion plus élevée d’incidents au Sud-Kivu (43 % contre 30 % en moyenne sur la période de référence), ce qui s’explique par le contexte instable de la province, en particulier au cours des deux derniers mois. Selon cette agence onusienne, les types d’incidents survenus en janvier sont restés similaires à ceux des mois précédents : les cambriolages, les vols et les intrusions ont représenté 36 % des incidents, les entraves et restrictions de circulation 33 %, et les actes d’intimidation, les menaces ou les agressions physiques 28 %, témoignant d’une pression constante sur les opérations humanitaires.
Depuis le début de l’année, l’escalade du conflit et l’intensification des attaques de la rébellion AFC/M23, appuyée par le Rwanda au Nord et au Sud-Kivu, ont déplacé des centaines de milliers de personnes, aggravant une crise humanitaire déjà critique. Les violences ont fait des centaines de morts et des milliers de blessés, tandis que les routes coupées et l’insécurité généralisée compliquent davantage l’accès des humanitaires aux populations vulnérables.
Malgré ces conditions difficiles, les acteurs humanitaires poursuivent leurs opérations vitales en négociant l’accès aux zones affectées et en fournissant des soins médicaux d’urgence, une aide alimentaire et d’autres formes d’assistance essentielle. L’ONU insiste sur l’urgence de garantir un accès humanitaire rapide, sécurisé et sans entrave, en levant tous les obstacles encore persistants.
En dépit des avancées annoncées dans le cadre des initiatives de médiation notamment le processus de Washington piloté par les États-Unis pour le dossier RDC–Rwanda, ainsi que l’implication du Qatar dans la crise opposant la RDC à la rébellion AFC/M23, la situation sur le terrain peine à s’améliorer. Face à ce constat, de nombreuses voix appellent les parties prenantes à respecter leurs engagements dans les différents accords et déclarations signés, afin de faire taire les armes et offrir enfin une chance à la paix après près de trois décennies de conflit.
Clément MUAMBA