Les attaques contre les civils ont repris en janvier dernier dans la zone de santé de Komanda, située dans le territoire d’Irumu, en province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo, a indiqué le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) dans son aperçu humanitaire couvrant le mois de janvier.
Selon le rapport, le 25 janvier, au moins 25 civils ont été tués à Bwanasura, sur l’axe Komanda–Luna, d’après la société civile locale. Cet axe, récemment rouvert sur la route nationale RN4 et marqué par des retours progressifs depuis fin 2025, demeure fragile. La détérioration de la situation sécuritaire pourrait entraîner de nouveaux déplacements de populations et restreindre davantage l’accès humanitaire.
"Les conditions dans 11 sites 2 des déplacés de déplacés autour de Bunia demeurent précaires, selon des évaluations menées du 29 décembre 2025 au 7 janvier 2026. Ces sites abritent plus de 7 455 personnes (1 447 ménages), confrontées à la dégradation des infrastructures EHA, à la détérioration des abris et à des risques accrus de protection, notamment de violences basées sur le genre et de mariages précoces", précise le rapport rendu public mardi 17 février 2026
Toujours au mois de janvier de l'année en cours, les civils ont continué d’être ciblés par des éléments armés dans le territoire de Mambasa. Le 8 janvier, au moins 29 personnes ont été enlevées dans le village de Bandibwame (ZS de Lolwa), entraînant le déplacement d’environ 1 800 personnes vers des localités jugées plus sûres.
La présence persistante d’éléments armés dans les forêts et villages de la ZS de Lolwa restreint l’accès aux champs et risque d’aggraver l’insécurité alimentaire des populations affectées.
La situation humanitaire en Ituri demeure marquée par une insécurité persistante, des déplacements massifs de populations ainsi qu’une crise aiguë dans les secteurs de l’alimentation et de la santé. Les attaques des groupes armés ont déjà provoqué la fuite de milliers de personnes dans les territoires de Djugu et d’Irumu, aggravant les besoins en vivres, en soins médicaux, en abris, en eau potable et en protection. À ces difficultés s’ajoutent des épidémies, notamment la rougeole et le Mpox, ainsi que les dégâts causés par des catastrophes naturelles.
À l’instar du Grand Nord, l’Ituri reste confrontée aux attaques répétées des ADF, un groupe armé d’origine essentiellement ougandaise. Actifs depuis près de trois décennies dans l’est de la République démocratique du Congo, les ADF ont prêté allégeance en 2019 au groupe État islamique, qui les présente désormais comme sa branche en Afrique centrale. Malgré les opérations militaires conjointes menées par les armées congolaise et ougandaise, la menace demeure persistante.
Outre l’activisme des ADF, la province reste également minée par des tensions intercommunautaires déjà explosives, ainsi que par l’activisme de la rébellion de la Convention pour la révolution populaire (CRP), dirigée par Thomas Lubanga, ancien seigneur de guerre de la région. Ce dernier a été condamné par la Cour pénale internationale (CPI) à une peine de 14 ans de prison, avant d’être libéré en 2020.
Clément MUAMBA