Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) révèle dans son rapport de janvier dernier que des affrontements armés entre groupes armés dans les territoires de Masisi, Rutshuru et Walikale (Nord-Kivu) ont coûté la vie à près d’une centaine de civils, et fait plusieurs blessés, occasionnant également des déplacements massifs des populations. Ces combats ont opposé notamment les rebelles de l’AFC/M23 aux miliciens (wazalendo) affiliés à l’armée congolaise.
Entre le 12 et 16 janvier dernier, des combats sont survenus dans plus d’une dizaine de villages des groupements Bukombo, Kihondo, Mutanda, ainsi que Bambo et Tongo dans la chefferie de Bwito (territoire de Rutshuru) où une cinquantaine de civils ont été tués. Le rapport souligne des déplacements de plusieurs centaines de personnes, dont la majorité a pris la direction de Bukombo-centre, Ihula, Nyanzale, Kikuku-centre et Katsiru tandis que d’autres ménages se sont repliés vers Mweso et Kitchanga, dans le territoire de Masisi.
Depuis début janvier, OCHA rapporte la reprise des affrontements armés dans plusieurs villages des groupements Nyamaboko 1 et 2, situés respectivement dans les Zones de Santé (ZS) de Masisi et Katoyi, poussant à des nouveaux mouvements des populations. Le rapport rappelle également la frappe aérienne de l’armée qui avait tué 11 personnes et blessé une quarantaine autres le 2 janvier à Masisi-Centre.
« Cette frappe a également détruit le bureau local d’une ONG internationale. Ces événements surviennent dans un contexte de violences persistantes, alors que la ZS de Masisi accueille plus de 178 000 personnes déplacées, selon la Commission du Mouvement de Population », poursuit OCHA.
À Walikale de même, des affrontements se sont poursuivis dans plusieurs villages, perturbant la protection des civils et l’accès humanitaire.
« Entre le 19 et le 30 janvier 2026, des explosions attribuées à des drones ont touché les collines surplombant les localités de Kasopo et de Buleusa (groupement Ikobo), ainsi que Mpety, Mindjenje et Chanjikiro (groupement Kisimba). Ces attaques ont entraîné un nouveau déplacement massif des populations. Des tensions persistantes entre des acteurs armés ont également été rapportées dans la ZS de Pinga », lit-on dans ce rapport.
Et d’alerter : « Le 21 janvier, des affrontements armés ont contraint la majorité des habitants de Mpombi et Iteya aux déplacements. Par ailleurs, l’accès aux soins de santé se détériore dans cette zone. Selon des partenaires humanitaires locaux, plusieurs structures de santé ont été pillées et endommagées du fait des violences récurrentes. L’Hôpital Général de Référence de Pinga est signalé en rupture de médicaments et fait face à d’importants déficits en équipements et en personnel soignant ».
Aux côtés des affrontements armés, un éboulement survenu dans la localité de Burutsi a tué au moins une trentaine de personnes, plusieurs maisons ensevelies, et de lourdes pertes humaines et des dégâts matériels considérables enregistrées. « L’éboulement a coupé le trafic routier sur l’axe Kashebere Mungazi–Kibua, seul itinéraire reliant la zone au centre de Walikale », ajoute OCHA.
Samyr LUKOMBO