Guerre dans l'est de la RDC: Daniel Mukoko Samba met en avant la solidité des institutions économiques

Daniel Mukoko
Le ministre Daniel Mukoko Samba

Le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, est intervenu le mardi 27 janvier 2026 à l’Académie des Beaux-Arts (ABA), à l’occasion de la journée de mémoire dédiée à Bunagana et Uvira, placée sous le thème de la résistance, de la résilience et de l’unité dans l’Est de la République démocratique du Congo.

 Participant au panel 2 consacré aux conséquences économiques de la guerre et de l’occupation, le Vice-Premier Ministre a dressé un état des lieux sans complaisance des impacts économiques du conflit armé, tout en mettant en exergue les efforts du Gouvernement dirigé par la Première Ministre Judith Suminwa, dans un contexte marqué par des chocs multiples. Une guerre au coût économique lourd. 

« Il est évident que la guerre a un coût important », a souligné Daniel Mukoko Samba, rappelant que le Nord-Kivu et le Sud-Kivu représentent respectivement 12 % et 15 % du PIB national. Sur la base d’un PIB estimé à 82 milliards de dollars en 2025, l’impact économique est considérable.

Le Vice-Premier Ministre a expliqué que les effets de la guerre se manifestent notamment par la hausse généralisée des prix, conséquence directe de la perturbation des circuits d’approvisionnement. À Kinshasa, par exemple, la prise de Goma a contraint les opérateurs économiques à emprunter des itinéraires plus longs et plus coûteux pour l’acheminement des marchandises.

Agriculture et industrie : des pertes majeures. Daniel Mukoko Samba a également évoqué la fermeture de l’usine Bralima, autour de laquelle gravitaient plusieurs filières agricoles locales, notamment le sorgho, aujourd’hui à l’arrêt. Dans le secteur agricole, les pertes de production dans le Nord-Kivu sont estimées à près de 50 millions de dollars par an. Il a mis en avant le potentiel stratégique du cacao, véritable moteur économique pour les opérateurs de la région, soulignant qu’en situation de paix, la zone pourrait atteindre une production annuelle de 100.000 tonnes.

Finances publiques : résilience malgré les pertes

Sur le plan des finances publiques, le Vice-Premier Ministre a reconnu des pertes importantes de recettes douanières, chiffrées à plusieurs centaines de millions de dollars, dues notamment à la fraude, à la contrebande et à la sous-taxation.

Malgré ce contexte difficile, Daniel Mukoko Samba a salué la capacité du Gouvernement à contenir l’endettement public et à payer régulièrement, sans arriérés, les salaires de près de 1.500.000 agents de l’État, incluant les Forces armées, la Police nationale et les fonctionnaires civils.