Dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, une accalmie relative a prévalu en décembre 2025, malgré la persistance des activités des acteurs armés dans la zone de santé de Lolwa. C’est ce que révèle le rapport du mois de décembre 2025, rendu public le samedi 17 janvier 2026 par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA/RDC).
Selon le même document, le 6 décembre, plus de 20 agriculteurs ont été enlevés dans les localités de Sitarudi et Kadika, puis contraints de transporter des vivres pillés dans les champs.
"Aucun civil n’a été blessé ou tué lors des pillages, mais ce mode opératoire, désormais récurrent,s’accompagne d’extorsions financières imposées aux agriculteurs pour accéder à leurs champs. Environ 130 ménages ont fui les villages touchés pour se réfugier dans les aires de santé de Lwemba et Teturi (ZS de Mandima)" précise le rapport de OCHA RDC
S’agissant du territoire de Mahagi, toujours dans la province de l’Ituri, la situation sécuritaire est restée préoccupante au mois de décembre, marquée par l’activisme d’éléments armés dans les zones de santé de Logo et Angumu. Malgré une accalmie apparente, des sources locales dénoncent la persistance de taxes illégales et l’imposition d’amendes forfaitaires par ces acteurs.
La situation humanitaire en Ituri demeure préoccupante, marquée par une insécurité persistante, des déplacements massifs de populations et une crise aiguë en matière d’alimentation et de santé. Les attaques des groupes armés ont déjà provoqué la fuite de milliers de personnes dans les territoires de Djugu et d’Irumu, aggravant les besoins en vivres, soins médicaux, abris, eau et protection. À ces défis s’ajoutent des épidémies, notamment de rougeole et de Mpox, ainsi que les dégâts causés par des catastrophes naturelles
Tout comme dans le Grand Nord, l’Ituri reste confrontée aux attaques répétées des ADF, un groupe armé à l’origine essentiellement ougandais. Actifs depuis près de trois décennies dans l’est de la RDC, les ADF ont prêté allégeance en 2019 au groupe État islamique, qui les présente désormais comme sa branche en Afrique centrale. Malgré les opérations militaires conjointes menées par les armées congolaise et ougandaise, la menace persiste.
Outre l’activisme des ADF, la province est également minée par des tensions intercommunautaires déjà explosives. La pénurie de financements humanitaires au niveau international a considérablement affecté la réponse sur le terrain. De nombreuses voix s’élèvent pour appeler le gouvernement à combler ce déficit budgétaire, à rétablir la paix et à assumer pleinement sa responsabilité dans la prise en charge des déplacés. Ces appels insistent également sur la nécessité de renforcer la présence militaire afin de restaurer l’autorité de l’État et de faciliter le retour des populations dans leurs villages.
Clément MUAMBA