La RDC et le Soudan du Sud échangent des détenus en signe de renforcement de coopération sécuritaire 

Bureau de l'administration du territoire d'Aru/Ph droits tiers

Dans un contexte de tensions récurrentes à leurs frontières communes, la République démocratique du Congo et le Soudan du Sud renforcent leur coopération en matière de sécurité. Mercredi 14 janvier dernier, les délégations de deux pays ont tenu une réunion stratégique d’évaluation de la situation sécuritaire à la frontière à Aru, territoire congolais, situé à environ 230 km au Nord de la ville de Bunia. Le territoire héberge également des réfugiés Sud-Soudanais, ayant fui la guerre civile dans leur pays. 

Selon MSF, en août 2025, plus de 33 000 réfugiés Sud-Soudanais ont été accueillis dans ce coin de la République démocratique du Congo.  

Selon la partie congolaise, cette rencontre bilatérale est placée sous l’insigne du renforcement de coopération sécuritaire et d’échange permanent d’informations entre les deux Etats. Les deux délégations ont convenu d’échanger mutuellement des détenus, présenté comme un geste fort en faveur de la paix. 

« Il y a eu des problèmes : un militaire Sud-Soudanais est entré au pays par Aguruba, et puis finalement, il s’est embourbé et perdu dans la masse. Ses collègues sont venus le chercher, et c’est là où, ses collègues, avant de rentrer, ont pris en otage un militaire de la Garde républicaine et un policier. Auparavant, ils avaient déjà pris un chef du village. Heureusement, le chef de chefferie a parlé avec le commissaire, et le chef du village était rentré », a confié à ACTUALITE.CD, le commissaire supérieur principal Richard Mbambi Kingana Kitabakulu, administrateur policier du territoire d’Aru. 

Avant de poursuivre :

« Mais les militaires, en allant, je crois qu’ils avaient reçu l’ordre supérieur, ont pris un élément de la Garde républicaine et un élément de la police, et c’est ce qui a fait que nous nous sommes entendus avec le commissaire pour que nous puissions nous rencontrer, afin de résoudre ce problème. Nous avons ramené le militaire qui était PDN et un autre Sud-Soudanais qu’on avait arrêté. Nous venons de les remettre entre les mains du commissaire, qui lui aussi a remis le militaire et le policier qui étaient pris ce jour-là ».  

La délégation Sud-Soudanaise, conduite par le commissaire du district de Morobo a, pour sa part, souligné l’intérêt de cette rencontre visant le renforcement de la coexistence et de paix entre la RDC et Soudan du Sud, deux pays voisins.   

« Aujourd’hui, nous nous sommes rencontrés avec vos autorités pour résoudre la situation qui s’est passée entre nous. Nous devons résoudre nos différends, nous devons faire l’effort de ne plus revenir dans les situations qui se sont déjà déroulées », a déclaré en bref Charles Dhata, commissaire Sud-Soudanais. 

La situation sécuritaire entre les deux pays à la frontière, au niveau du territoire d’Aru, reste morose, avec le déplacement massif de réfugiés fuyant les atrocités de guerre civile au Soudan du Sud. Les sources concordantes renseignent parfois des cas de pillage de communautés locales par des éléments égarés de forces de sécurité Sud-Soudanaise sur le territoire congolais, ainsi que des individus dissimulés en réfugié. Cette rencontre a permis d’aborder des discussions sur justement ces questions.  

En décembre 2025, plus de 40 000 réfugiés Sud-Soudanais ont été relocalisés grâce aux interventions de la Commission nationale pour les Réfugiés, du Médecin sans frontière, ainsi qu’avec le concours des autorités locales, vers des sites disposant d’eau potable, d’écoles et des structures sanitaires. 

Lors de son intervention, l’administrateur policier le Colonel Richard Mbambi Kingana Kitabakulu, représentant le gouverneur militaire de la province de l’Ituri et le gouvernement congolais, dans ces assises, a insisté sur l’échange d’informations entre les deux pays en vue de résoudre les différends et renforcer la sécurité dans ce coin de la République démocratique du Congo. « Les recommandations que nous avons faites sont notamment que nous devons nous rencontrer de temps à temps, au moins par trimestre, pour qu’il y ait des échanges entre notamment des autorités du territoire », a-t-il conclu

Jean-Baptiste Leni