Kwilu : plus de 170 déplacés de Kwamouth sont morts suite aux mauvaises conditions d’accueil

Les déplacés de Kwamouth accueillis à Bandundu ville
Les déplacés de Kwamouth accueillis à Bandundu ville

Au moins 173 déplacés de Kwamouth sont morts à Bandundu suite aux mauvaises conditions d’accueil. Cela remonte à leur fuite du territoire, théâtre des violences des Mobondo en 2022. À Bandundu, ils n’ont pas accès aux soins de santé ni à une bonne alimentation. On compte de nombreux enfants et femmes parmi les victimes, inhumés dans des conditions inhumaines. 

Les tout derniers cas datent de jeudi, où trois déplacés ont été mis en terre. Il est difficile d’organiser les inhumations, car ils sont parfois obligés de payer à la morgue de Bandundu. Le chef du site collectif évoque des cotisations entre déplacés pour organiser les cérémonies funéraires de leurs frères décédés. François Tabuku dénonce un abandon total de la part des autorités provinciales et nationales.

« On a sillonné par-ci par-là chez les déplacés pour contribuer, ne fût-ce que 200 francs ou 300 francs. On a trouvé le cercueil, un colonel nous a aidés avec un véhicule. Si vous passez dans les pavillons, vous allez voir l’état de santé des gens qui sont là, c’est terrible. Auparavant, les autorités nous assistaient, mais depuis 2024, elles ne s’en occupent plus, surtout pour les cas de décès. Avant-hier, c’était un homme, une femme et un enfant. Nous avons contribué pour les enterrer », a déclaré François Tabuku, chef du centre collectif des déplacés à Bandundu.

À Bandundu, la dernière assistance du gouvernement central aux déplacés de Kwamouth remonte au jeudi 20 octobre 2022. Au moins 500 ménages avaient bénéficié d’un lot de vivres et de non-vivres, ainsi que d’une enveloppe de 100 dollars remise à chacun par une délégation composée de cinq ministres nationaux

Jonathan Mesa