Le président angolais João Lourenço, également président en exercice de l’Union africaine (UA), a exprimé jeudi sa « profonde préoccupation » face à la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo, à l’issue d’une visite de travail à Luanda du président congolais Félix Tshisekedi.
Dans une déclaration lue à Luanda par le secrétaire du président angolais aux Affaires diplomatiques et à la Coopération internationale, Victor Lima, João Lourenço a dit observer « avec anxiété » l’évolution de la situation dans l’est de la RDC, soulignant les « menaces » qu’elle fait peser sur les efforts diplomatiques engagés, notamment dans le cadre du Conseil de sécurité de l’ONU et des processus dits de Washington et de Doha.
Le président angolais a appelé à un « cessez-le-feu immédiat et inconditionnel » entre les parties en conflit et à la cessation de toutes les hostilités. Il a exhorté les gouvernements de la RDC, du Rwanda et la rébellion du M23 à « respecter et appliquer les accords signés », afin de privilégier une résolution pacifique du conflit et la protection des populations civiles. João Lourenço a également appelé l’ensemble des acteurs de la communauté internationale à se mobiliser autour des efforts visant à rétablir la paix et la stabilité en RDC.
La visite de Félix Tshisekedi à Luanda s’inscrit dans la continuité d’un précédent entretien entre les deux chefs d’État le 4 janvier, consacré à l’examen des initiatives en cours pour un retour durable de la paix dans l’est congolais, selon la présidence congolaise. À cette occasion, le président congolais avait indiqué que son homologue angolais lui avait soumis « quelques propositions » jugées « très intéressantes », tout en soulignant que la situation sur le terrain restait celle « d’une guerre qui nous a été imposée ».
Cette séquence diplomatique intervient dans un contexte de recrudescence des combats dans l’est de la RDC, où la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), que Kinshasa accuse d’être soutenue par le Rwanda, a récemment pris le contrôle de la ville stratégique d’Uvira, dans le Sud-Kivu. La détérioration de la situation sécuritaire a provoqué des déplacements massifs de populations vers les pays voisins, notamment le Burundi, aggravant la crise humanitaire.
Parallèlement, une réunion ministérielle régionale sur la situation sécuritaire dans l’est de la RDC se tient du 8 au 10 janvier à Livingstone, en Zambie, à l’initiative de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), avec la participation de douze ministres de la Défense et de chefs d’état-major des pays membres.