Dans la continuité de leur rencontre du 4 janvier dernier, le Président congolais Félix Tshisekedi a une nouvelle fois rencontré son homologue angolais et président en exercice de l’Union africaine (UA), João Manuel Gonçalves Lourenço jeudi 8 janvier à Luanda (Angola). Selon leurs cabinets respectifs, les échanges ont porté sur l’examen des initiatives en cours visant le rétablissement durable de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo, dans le cadre des processus de Washington et de Doha.
“En réponse à la déclaration du président de l'Angola et de l'Union Africaine lue ce jeudi après-midi à Luanda, le président de la République démocratique du Congo a déclaré qu'en ce qui concerne son gouvernement, il est "ouvert et prêt à s'aligner sur le cessez-le-feu" défendu par le président João Lourenço”, rapporte la Présidence angolaise à l'issue de l'entretien entre les deux personnalités.
S'adressant aux journalistes, poursuit la source citée, le Chef de l'État Congolais Félix Tshisekedi a remercié le Président João Manuel Gonçalves Lourenço, Président de la République d'Angola et Président de l'Union Africaine, pour son engagement incessant en faveur de la paix en RDC.
Il a ajouté, à plusieurs reprises et en conclusion, que l'homme d'État angolais "n'a pas épargné la force pour ramener la paix dans mon pays, nous interprétons cet intérêt comme un intérêt incessant et nous en sommes reconnaissants. Le président João Lourenço a été une personne infatigable pour faire de la paix une réalité dans mon pays. merci beaucoup, merci pour votre activité".
Cette rencontre intervient dans un contexte où, malgré l’implication du président américain Donald Trump et l’accélération apparente du processus de Washington, matérialisée par l’entérinement des accords par les présidents de la République démocratique du Congo et du Rwanda, Félix Tshisekedi et Paul Kagame, la situation sur le terrain peine à s’améliorer. Kinshasa et Kigali ne parviennent pas toujours à parler le même langage, et les tensions persistent sur fond d’accusations mutuelles de non-respect des engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques en cours, en particulier le processus de Washington sous l’égide de l’administration Trump.
Il en est de même pour les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’Émir du Qatar, entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui peinent à produire des résultats concrets sur le terrain. Ces négociations, censées compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés restent au point mort. Plusieurs mesures convenues, notamment depuis la publication du communiqué conjoint d’avril dernier, la signature du mécanisme de cessez-le-feu, de la déclaration de principes, et plus récemment de l’accord-cadre, n’ont toujours pas été mises en œuvre.
Cette inertie diplomatique a favorisé la reprise de violents affrontements entre l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, et les forces gouvernementales. Par ailleurs, le dialogue national, pourtant réclamé par plusieurs acteurs sociopolitiques pour accompagner ces initiatives, tarde à être convoqué. Le président de la République, Félix Tshisekedi, maintient pour l’instant sa position, estimant que toute initiative de dialogue doit émaner de sa propre autorité, malgré la publication de la feuille de route des confessions religieuses.
Clément MUAMBA