À la suite de l’assassinat du professeur Mathieu Abata, enseignant à l'Université de Kinshasa (UNIKIN), abattu par des bandits armés à son domicile dans la nuit du mercredi à jeudi 8 janvier dernier, dans la commune de Lemba, l'Association de professeurs de l'Université de Kinshasa (APUKIN) a annoncé la suspension de toutes les activités jusqu'à la décision de son assemblée générale extraordinaire prévue ce vendredi 9 janvier.
« L'APUKIN est consternée, révoltée et meurtrie par l'assassinat lâche et barbare du professeur Abata. Ainsi, une Assemblée générale extraordinaire est prévue vendredi au siège de l'APUKIN. En attendant, toutes les activités sont suspendues jusqu'à la décision de l'Assemblée générale extraordinaire », lit-on dans un communiqué parvenu à ACTUALITE.CD.
Sur terrain, notre rédaction a interrogé sa fille sous le choc à la résidence familiale. Rosette Abata, infirmière, a expliqué que les criminels armés ont assiégé la parcelle à partir de 23 heures, pendant que toute la maisonnée dormait déjà. Elle a été réveillée par l’alarme des cadenas et des menaces de ces bandits qui, par une balle, ont pu ouvrir la porte de la maison.
D'après elle, son père a été tiré par une arme silencieuse pour avoir intervenu contre la brutalité que ces criminels exerçaient sur sa femme dont la santé n'était pas bonne.
Pour Monsieur Jean-Bruno, locataire de l'infortuné, pendant que les habitants étaient massés sur le lieu du drame le matin d'hier jeudi, les enfants de la victime ont été surpris de voir l'un des meurtriers de leur père revenir sur le lieu du crime. Reconnu, il a été roué de coups par la foule en colère, avant d'être gardé trois heures durant dans la maison de M. Jean-Bruno, dont la porte a été finalement cassée par les habitants du quartier, impatients d'attendre les éléments de la police. Ils l'ont lynché.
Les enfants, les membres de la famille et les habitants regrettent l'absence d'une intervention de la police dans une opération criminelle qui a duré deux heures.
À Kinshasa, malgré le chiffre fameux des interpellations des auteurs des crimes dans le cadre de l'opération Ndobo, l'insécurité reste croissante dans la capitale congolaise, où la police est dépourvue des moyens nécessaires pour sécuriser les populations ainsi que leurs biens.
Samyr LUKOMBO