Est de la RDC : le Groupe de facilitateurs appelé à proposer des mesures urgentes pour désamorcer la crise en vue de leur examen lors du sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UA prévu en février

Faure Essozimna Gnassingbé et les co-facilitateurs
Faure Essozimna Gnassingbé et les co-facilitateurs

Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) a salué les efforts du président de la Commission de l’Union africaine et réaffirmé son soutien à la consolidation de la médiation africaine dans la crise qui secoue l’est de la République démocratique du Congo. Lors de sa 1323ᵉ réunion, tenue le 29 décembre dernier au niveau ministériel et consacrée à la situation dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), cet organe de l’UA a chargé le groupe de facilitateurs de proposer des mesures urgentes visant à désamorcer les tensions dans l’est du pays.

Selon le communiqué final parvenu à ACTUALITE.CD mercredi 7 janvier 2026, ces mesures seront examinées lors du 39ᵉ sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, prévu au mois de février de l’année en cours, sommet qui consacrera la désignation du président Évariste Ndayishimiye, du Burundi, à la tête de l’UA, en succession à João Manuel Gonçalves Lourenço, président de l’Angola.

"Le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine prie le Groupe de facilitateurs de proposer des mesures urgentes visant à désamorcer la situation dans l’est de la RDC et de faire rapport au Médiateur de l’UA, qui présentera lesdites propositions à la prochaine session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’UA en février 2026 ; Attend avec intérêt les résultats de la prochaine session de travail de haut niveau qui sera convoquée par le Médiateur de l’UA avec le Groupe de facilitateurs à Lomé, au Togo, en janvier 2026 ; et Décide de rester activement saisi de l'affaire", rapporte le communiqué du CPS.

Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) soutient la consolidation de la médiation menée par l’Afrique, en coordination avec la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Cette dynamique inclut notamment la fusion des processus de Nairobi et de Luanda, la nomination du Médiateur de l’Union africaine, Faure Gnassingbé, président du Conseil des ministres de la République togolaise, ainsi que la mise en place d’un Panel de cinq facilitateurs, composé d’anciens chefs d’État, à savoir : Olusegun Obasanjo (Nigeria), Uhuru Kenyatta (Kenya), Mokgweetsi Masisi (Botswana), Catherine Samba-Panza (République centrafricaine) et Sahle-Work Zewde (Éthiopie). Selon l'UA, ces différentes initiatives constituent des étapes importantes vers le rétablissement de l’appropriation, de la cohérence et de la séquence stratégique africaines.

Cette réunion intervient dans un contexte où, malgré l’implication du président américain Donald Trump et l’accélération apparente du processus de Washington, matérialisée par l’entérinement des accords par les présidents de la République démocratique du Congo et du Rwanda, Félix Tshisekedi et Paul Kagame, la situation sur le terrain peine à s’améliorer. Kinshasa et Kigali ne parviennent pas toujours à parler le même langage, et les tensions persistent sur fond d’accusations mutuelles de non-respect des engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques en cours, en particulier le processus de Washington sous l’égide de l’administration Trump.

Il en est de même pour les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’Émir du Qatar, entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui peinent à produire des résultats concrets sur le terrain. Ces négociations, censées compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit — notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés — restent au point mort. Plusieurs mesures convenues, notamment depuis la publication du communiqué conjoint d’avril dernier, la signature du mécanisme de cessez-le-feu, de la déclaration de principes, et plus récemment de l’accord-cadre, n’ont toujours pas été mises en œuvre.

Cette inertie diplomatique a favorisé la reprise de violents affrontements entre l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, et les forces gouvernementales. Par ailleurs, le dialogue national, pourtant réclamé par plusieurs acteurs sociopolitiques pour accompagner ces initiatives, tarde à être convoqué. Le président de la République, Félix Tshisekedi, maintient pour l’instant sa position, estimant que toute initiative de dialogue doit émaner de sa propre autorité, malgré la publication de la feuille de route des confessions religieuses.

Clément MUAMBA