Est de la RDC : Kinshasa exige le retrait immédiat des troupes rwandaises d’Uvira et alerte sur une progression militaire vers Fizi et Kalemie

Les rebelles du M23 à Bukavu le 20 février 2025
Les rebelles du M23 à Bukavu le 20 février 2025

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a dénoncé, avec la plus grande fermeté, la poursuite de l’occupation illégale de portions de son territoire par les forces rwandaises, accusées d’étendre délibérément leur présence dans l’Est du pays, notamment dans la ville d’Uvira et ses environs, avec une progression marquée vers le sud.

Dans un communiqué rendu public dans la soirée du mercredi 31 décembre 2025, les autorités congolaises estiment que ces actes constituent une agression manifeste contre la souveraineté nationale, une violation grave et répétée du droit international, ainsi qu’un mépris des engagements régionaux et internationaux en vigueur.

Selon le gouvernement, cette situation aggrave considérablement un contexte sécuritaire et humanitaire déjà critique, exposant directement les populations civiles à des violences massives.

« Le gouvernement dénonce l’arrivée de trois nouveaux bataillons rwandais positionnés dans les hauts plateaux d’Uvira, de Fizi et de Mwenga, sous couvert du groupe Twirwaneho, afin de masquer leur identité réelle et leurs responsabilités. Les mouvements observés traduisent une manœuvre militaire planifiée visant une descente vers Fizi, puis une avancée sur l’axe stratégique de Kalemie, dans la province du Tanganyika », précise le communiqué.

Réaffirmant sa position de principe contre toute forme de discrimination, l’exécutif congolais souligne que l’agression armée, l’occupation de territoires nationaux et les crimes documentés relèvent d’une politique d’État engageant pleinement la responsabilité internationale de leurs auteurs.

« Dans ces conditions, le gouvernement exige le retrait immédiat, effectif, vérifiable et sans condition des troupes rwandaises d’Uvira et de l’ensemble des territoires congolais occupés, conformément à la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, à l’Accord de paix de Washington, ainsi que la cessation immédiate de toutes les opérations contre les populations civiles », insiste le communiqué.

Kinshasa appelle par ailleurs ses partenaires internationaux à recourir à tous les leviers contraignants à leur disposition afin d’obtenir le respect de ces engagements.

« C’est la principale expression de compassion et de solidarité utile et crédible à l’égard des millions de Congolais victimes de la barbarie rwandaise », conclut le gouvernement.

Sur le plan diplomatique, malgré l’implication du président américain Donald Trump et l’entérinement des accords de Washington par les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, les discussions parallèles de Doha entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, peinent à produire des avancées concrètes.

Ces négociations, destinées à compléter les accords de Washington en abordant les causes profondes du conflit — notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés — demeurent à ce stade au point mort. Plusieurs mesures convenues depuis la publication du communiqué conjoint d’avril n’ont toujours pas été mises en œuvre.

Cette impasse diplomatique a favorisé la reprise de violents affrontements entre les forces gouvernementales et l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, entraînant l’occupation de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Cette prise de contrôle a suscité de vives condamnations internationales, principalement dirigées contre Kigali, notamment de la part des États-Unis.

Sous la pression de la communauté internationale, la rébellion de l’AFC/M23 a annoncé son retrait d’Uvira, affirmant vouloir accorder une nouvelle chance aux processus de paix en cours.

Clément Muamba