Campagne "Congolais Telema" : "Il est fondamental de donner à cette guerre la force de notre unité, celle où chaque Congolais se mobilise à la hauteur de ses capacités et de ses moyens pour défendre notre nation" (Judith Suminwa)

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Lancement de la campagne "Congolais Telema"

Dans le but de sensibiliser la population à la guerre d'agression menée par le Rwanda dans l'Est du pays et d’en expliquer les enjeux, le gouvernement congolais a lancé une nouvelle campagne intitulée "Congolais Telema" (Ndlr : Debout Congolais).

Le coup d’envoi de cette initiative a été donné ce samedi 1er mars 2025 dans les installations de la RTNC, en présence des membres du gouvernement et de plusieurs représentants de la société civile. Selon Judith Suminwa, Première ministre, cette campagne vient renforcer les autres fronts sur lesquels le gouvernement est engagé pour défendre l'intégrité du pays.

"Au-delà du front militaire, cette guerre se mène sur plusieurs terrains : diplomatique, judiciaire, économique, médiatique et spirituel. Mais le plus important est porté par vous, le peuple congolais : le front populaire. Il est fondamental de donner à cette guerre la force de notre unité, celle où chaque Congolais se mobilise pleinement, à la hauteur de ses capacités et de ses moyens, pour défendre notre nation. Notre destinée en dépend. C'est pourquoi, dans la continuité des actions portées par le Président de la République et comme nous l’impose notre hymne national, le 'Debout Congolais', nous vous invitons, Congolais et Congolaises, à vous tenir debout avec toute votre volonté pour défendre notre mère patrie, la République Démocratique du Congo", a déclaré Judith Suminwa dans son discours.

La Première ministre a également dénoncé les conséquences désastreuses de cette guerre d'agression, soulignant la responsabilité du Rwanda et la complicité de certains Congolais dans la destruction de l'avenir du pays.

"Nous sommes en guerre, notre mère patrie est menacée. Notre voisin, le Rwanda, et ses supplétifs du M23/AFC ont élaboré un plan de destruction systématique de notre nation à travers une guerre meurtrière sur notre territoire. Ce n'est pas la première fois que le Rwanda nous agresse pour assouvir ses ambitions expansionnistes et piller nos ressources naturelles. Dans cette aventure criminelle, ils tuent des milliers d'innocents, détruisent des vies, violent des femmes, bombardent des écoles et des hôpitaux – tout ce qui contribue à l'avenir de notre pays", a-t-elle fustigé.

Et de poursuivre :

"Cette guerre a trop duré : 30 ans, ça suffit ! Aujourd'hui, le Rwanda, avec la complicité de certains de nos compatriotes, tente de saper ce que nous avons construit pendant des décennies : un avenir commun, une cohabitation pacifique et un développement économique au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et à travers toute la République. Ils utilisent la haine, la division et la manipulation des faits pour nourrir leur projet de génocide contre les Congolais. Mais le peuple congolais est uni et déterminé à faire face à cette menace".

Malgré les appels de la communauté internationale et des organisations régionales, la rébellion du M23, soutenue par le Rwanda, poursuit son avancée dans la province du Sud-Kivu, aggravant la crise sécuritaire et humanitaire dans l'Est de la RDC.

Lors du Sommet conjoint EAC-SADC organisé à Dar-es-Salaam (Tanzanie) pour discuter de la situation sécuritaire en RDC, les chefs d’État et de gouvernement des deux blocs sous-régionaux ont pris d'importantes décisions, avec effet immédiat. Ces mesures visent à répondre à l'urgence humanitaire, à favoriser la désescalade du conflit et à soutenir les attentes de Kinshasa pour venir en aide aux populations de Goma et du Nord-Kivu.

Toutefois, plusieurs résolutions de ce sommet restent encore inappliquées. La réunion ministérielle prévue à Harare (Zimbabwe) le vendredi 28 février 2025 a été reportée à une date ultérieure, et jusqu'à présent, aucune nouvelle date n’a été communiquée aux différentes parties prenantes.

À titre indicatif, le sommet a notamment décidé de la cessation immédiate des hostilités et un cessez-le-feu sans conditions, auquel toutes les parties, étatiques et non étatiques, sont tenues de se conformer ; la réouverture de l’aéroport de Goma et des principales voies d’approvisionnement, terrestres et lacustres, pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire ; et le rapatriement des militaires décédés et l’évacuation des blessés.

Malgré ces engagements, la mise en œuvre tarde à se concrétiser, laissant les populations de l'Est de la RDC dans une situation précaire, entre insécurité et crise humanitaire croissante.

Clément MUAMBA