Le ministre de la santé publique, hygiène et prévoyance sociale, Roger Kamba, a tenu un point de presse ce samedi 16 mai pour fixer l’opinion sur les mesures du gouvernement congolais face à la dix-septième épidémie à virus Ebola déclarée officiellement dans la province de l'Ituri, précisément à Mongwalou, Rwampara et à Bunia, chef-lieu de la province.
Devant la presse, ce membre du gouvernement a rassuré sur la prise en charge de la souche Bundibugyo, qui avait déjà ravagé à Isiro et en Ouganda, en 2012. Alors que CDC Africa, agence de santé publique de l’Union Africaine, affirme que la RDC ne dispose pas de vaccin pour cette 17ème vague d'Ebola, Roger Kamba rassure tout de même de la capacité de la contenir à travers l'observance des mesures de santé publique, fort de l’expérience des épidémies vaincues par le passé.
« Mais je vous rappelle qu’on a déjà eu en 2012, et je vous rappelle qu’on a déjà eu plusieurs épidémies de ce virus en Ouganda. Et je vous rappelle qu’on a déjà eu des épidémies en Afrique de l’Ouest. Et toutes ces épidémies n’avaient pas de médicaments ni de vaccins. C’est seulement les mesures de santé publique que nous déployons qui permettent de contenir », a dit le ministre de la santé.
Il souligne que diagnostiquer pour réparer rapidement la maladie est une des mesures très importantes que le vaccin. D’après lui, l’accent doit être mis sur le traitement, et que l’absence d’un vaccin ne signifie pas que le virus est ingérable à ce stade.
« Le traitement, ça nous permet peut-être d'aller plus vite, mais de manière générale, nous avons les moyens de contenir les épidémies. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de vaccin, donc on ne peut plus rien faire devant une épidémie. Non, c'est pour cela qu'on fait cette conférence de presse pour vous dire, voici ce qu'il faut faire. Diagnostiquer très rapidement, cela veut dire repérer le malade très vite. C'est une mesure aussi importante qu'avoir un vaccin », a expliqué le ministre de la santé.
Et d’ajouter :
« Toutes ces mesures de santé publique, nous allons les répéter progressivement et le COUSP [Coordination du Centre des Opérations d’Urgence de Santé Publique, Ndlr] va les déployer. Mais aussi, soigner les malades. Vous savez que ces malades-là, souvent, ils ont besoin de traitements très lourds. Parce que, quand quelqu'un saigne, il faut lui remettre du sang. Quand quelqu'un est en détresse respiratoire, il faut l'assister. Donc, des mesures quasiment de réanimation médicale ».
M. Roger Kamba estime que dès lors que ces mesures susmentionnées sont déployées dans des conditions sécuritaires, elles réussissent à «bloquer l'expansion du virus».
Selon la déclaration signée par le ministre de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale, les analyses de laboratoire réalisées le 14 mai 2026 par l’Institut national de recherche biomédicale ont confirmé huit cas positifs sur treize échantillons sanguins prélevés. La souche identifiée est le virus Ebola Bundibugyo. Cinq échantillons n’ont pas pu être analysés en raison d’un volume insuffisant de prélèvement.
Au 15 mai 2026, 246 cas suspects sont notifiés et 80 décès enregistrés, dont quatre cas testés positifs. Le cas index supposé est un infirmier décédé au Centre médical évangélique de Bunia. Ce cas remonte au 24 avril 2026 dans la zone de santé de Rwampara. Le patient présentait fièvre, hémorragies et vomissements avec des faiblesses intenses.
Le gouvernement a activé le Centre des opérations d’urgences de santé publique en mode réponse niveau 1, déployé des équipes d’intervention rapide et lancé un appel à la mobilisation des partenaires techniques et financiers. La population est invitée à appeler le numéro vert 151 pour toute information utile.
Samyr LUKOMBO