En prenant le contrôle de la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, la rébellion du M23 soutenue par le régime de Paul Kagame continue d'accroître ses zones d'influences dans cette province dans l'Est de la République Démocratique du Congo. La ville de Goma s'ajoute aux autres localités, villages et villes occupés dans les territoires de Rutshuru, Masisi, Nyirangongo et autres.
Interrogés lors d'un briefing presse, si les fonctionnaires de l'État vivant dans les zones sous contrôle de la coalition M23-AFC-RDF seront toujours dans le régime général de la fonction publique, deux membres du gouvernement Suminwa ont précisé que ces incidents ne peuvent pas empêcher le gouvernement à assumer ses prérogatives.
"Il faut considérer que c'est une situation temporaire et que tous les fonctionnaires, tous les médecins c'est d'abord des congolais et donc il y a un travail qui est en cours au niveau de tous les ministères parce-qu'il faut analyser les différentes conséquences parce-que nous nous ne pouvons pas nous priver de notre devoir de prendre en charge nos populations. Ce n'est pas parce qu'il y a les forces rwandaises qui y sont injustement et qui vont quitter bientôt pour que nous allons nous dire voilà nous laissons notre population entre les mains de leurs bourreaux?", s'est interrogé Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement.
Pour lui, ceux qui occupent ces espaces "illégalement" avec l'appui du Rwanda ne peuvent pas être considérés comme des frères et sœurs.
"Comment pouvez vous imaginer que ceux qui sont venus il y a quelques jours avec des Chars dans une violence horrible et qui ont tué des personnes innocentes, des personnes sans armes, des bombes sont tombées, des hôpitaux, la DGM a perdu 2 cadres on ne peut pas vous dénombrer chaque histoire, de chaque congolais qui a été éprouvé et dans une ville comme celle-là vous les bourreaux vous prenez ceux-là pour qui des frères, membres de famille ceux qui ont été tués, exécutés viennent nettoyer le sang, vous imaginez l'horreur (NDLR:Salongo de la ville de Goma initié par la coalition M23-AFC-RDF)?", s'est-il à nouveau interrogé.
De son côté, le ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale Roger Kamba estime qu'une double peine ne peut pas être infligée à ces populations. À l'en croire, le gouvernement va jouer son rôle.
"Il ne faut pas une double peine, nos prestataires ont déjà une première peine imposée par les bourreaux, on ne va pas leur imposer une deuxième peine en leur disant qu'on ne vous paie plus parce que vous êtes dans cette zone là au contraire ça reste notre pays. Vous imaginez des médecins qui travaillent 24h/24h avec des blessures chez les civils, on a 19 chirurgiens en tout et vous vous allez venir leur dire on ne vous paie plus ?", a soutenu Samuel Roger Kamba, ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale.
Rappelons que depuis un temps, la coalition M23-AFC-RDF a procédé à des mises en place à la tête des entités de la province du Nord-Kivu sous son contrôle. À son arrivée à Goma, le numéro Un de ce mouvement Corneille Nangaa avait annoncé également qu'une mise en place des nouvelles autorités sera faite dans le chef-lieu de la province.
De son côté, Kinshasa a toujours dénoncé cette manière de faire. Devant le Conseil de Sécurité des Nations-Unies et devant les diplomates accrédités en RDC, Thérèse Kayikwamba Wagner et Félix Tshisekedi ont eu à dénoncer cela qui selon eux traduit une volonté claire du M23/RDF de redessiner la composition démographique des territoires sous leur contrôle.
Clément MUAMBA