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Kisangani : Derniers hommages à Emmanuel Assani Walosomba, créateur des armoiries nationales, dans une cérémonie empreinte de douleur et de revendications

Emmanuel Assani Walosomba

Le gouvernement central a organisé la cérémonie des obsèques du feu Emmanuel Assani Walosomba, le mardi 31 décembre 2024, à la place des Martyrs de l’Indépendance, un lieu historique de la ville de Kisangani. C’est dans une ambiance de tristesse, d’angoisse et de regret qu’on pouvait lire sur les visages des membres des familles, amis et connaissances présents à cette cérémonie. Certains avaient les larmes aux yeux et étaient inconsolables, tandis que d’autres, en revanche, étaient furieux à cause des conditions dans lesquelles l’initiateur des armoiries du pays a quitté cette terre des hommes. La cérémonie a été présidée par la Vice-Première Ministre et Ministre de l’Environnement, représentante du gouvernement central, Eve Bazaiba Masudi.

Dans son allocution, le journaliste Ndais Kabamba, représentant de la famille, a présenté à l’assistance la vie d’Emmanuel Assani Walosomba et son parcours. Il a déclaré : « Notre malheur est profond, car nous avons perdu un homme de valeur, l’illustre créateur des armoiries de la République démocratique du Congo. C’est un héros pour la province de la Tshopo et pour toute la RDC, sur qui repose l’histoire de toutes les générations de notre pays, mort dans des conditions déplorables. »

L’illustre disparu est né à Kisangani le 25 décembre 1943. Il était originaire du territoire d’Ubundu, dans la province de la Tshopo. Il est mort le 12 août 2024 à l’hôpital du camp Kokolo, à Kinshasa. Âgé de 81 ans, Emmanuel Assani Walosomba laisse derrière lui 12 enfants, 42 petits-enfants et 53 arrière-petits-enfants. Il a fait ses études secondaires à l’Athénée Royal de Kisangani et a obtenu son diplôme d’études normales. Dans sa vie professionnelle, il a été officier de la police judiciaire au sein de la Police nationale congolaise. En 1963, il a été lauréat d’un concours organisé par le gouvernement central. Son œuvre, les armoiries nationales, a été promulguée et sanctionnée par l’ordonnance-loi de 1963.

Selon le représentant de la famille, l’illustre disparu a passé toute sa vie dans une misère noire, alors que le gouvernement central lui avait promis un don présidentiel en guise d’indemnisation pour son œuvre, qui reste d’actualité jusqu’à ce jour. Ces armoiries continuent d’être utilisées dans toutes les institutions du pays. Emmanuel Assani Walosomba s’était rendu à Kinshasa en juin 2022 pour effectuer des démarches afin d’obtenir son indemnisation auprès du gouvernement congolais. Malgré tous les sacrifices consentis pour être rétabli dans ses droits, aucune suite favorable ne lui a été donnée. N’ayant pas obtenu gain de cause, il a subi des humiliations à l’hôtel où il logeait. Le gouvernement n’ayant pas honoré les frais de son séjour, il a été chassé par le responsable de l’hôtel. Sa valise a été confisquée, et sa médaille en or de décoration, qu’il gardait jalousement, a été volée par des inconnus.

Après les hommages mérités, dignes de son rang, en présence de plusieurs autorités nationales et provinciales, le corps d’Emmanuel Assani Walosomba a été conduit à sa dernière demeure, juste à côté du cimetière des guerres des Six Jours de Kisangani, dans le quartier Plateau Médical, commune Makiso. Selon certaines personnes ayant requis l’anonymat, le gouvernement aurait débloqué une somme importante pour organiser son enterrement, alors qu’il aurait pu l’indemniser de son vivant.

La famille du défunt recommande au gouvernement de procéder à son indemnisation, d’engager deux de ses fils, de mener des enquêtes sérieuses pour récupérer sa médaille d’or volée à l’hôtel et de construire un mausolée digne de son rang. Elle demande également au gouvernement provincial de la Tshopo de baptiser une commune en mémoire de l’illustre disparu.

Gabriel Makabu, depuis Kisangani.