Le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Barham Salih, a appelé le Conseil de sécurité des Nations Unies à soutenir les efforts en faveur de la paix en République démocratique du Congo (RDC) afin de permettre aux millions de personnes contraintes à l’exil ou au déplacement de retrouver des conditions de vie stables et de rentrer chez elles en toute sécurité, alors que la situation sur le terrain demeure précaire et volatile, en raison de la poursuite des hostilités entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, dans l’Est de la RDC.
S’exprimant devant le Conseil de sécurité des Nations Unies à New York, aux États-Unis d’Amérique, pour la première fois depuis son entrée en fonction, lors d’une session tenue sous la présidence de la France, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Barham Salih, a rappelé que la RDC est confrontée depuis plusieurs décennies à des cycles de conflits et de déplacements de populations, dont les conséquences continuent d’affecter plusieurs générations.
« En République démocratique du Congo, des générations ont vécu des cycles de conflits et de déplacements de population. Leur situation est encore aggravée par la crise d’Ebola. Des enfants naissent dans des contextes de déracinement. Des familles fuient sans cesse. Des communautés tentent de se reconstruire, pour être à nouveau déracinées », a déclaré Barham Salih vendredi 25 septembre 2026 lors de son intervention
Selon Barham Salih, qui fut également président de l’Irak de 2018 à 2022, les récents engagements diplomatiques offrent toutefois une perspective d’amélioration de la situation sécuritaire et humanitaire. Il a notamment cité l’Accord de paix de Washington ainsi que la Déclaration de principes de Doha, qui, selon lui, constituent des avancées importantes vers davantage de paix et de stabilité.
« L’Accord de paix de Washington et la Déclaration de principes de Doha, qui font référence à mon mandat, offrent des perspectives importantes vers une paix et une stabilité accrues », a-t-il affirmé dans son intervention.
Dans ce contexte, le Haut-Commissaire a indiqué avoir présidé, le 22 juin, une réunion ministérielle tripartite réunissant la RDC, le Rwanda et le HCR, consacrée au rapatriement volontaire. Le HCR entend poursuivre son implication dans ce processus afin de favoriser la mise en place de conditions permettant aux réfugiés et aux personnes déplacées de retrouver leurs communautés d’origine.
Pour le Haut-Commissaire, la réussite d’un processus de paix doit avant tout se mesurer à son impact concret sur la vie des populations déplacées. Il estime que celles-ci doivent pouvoir rentrer volontairement, en sécurité, et reconstruire durablement leur existence.
« En tant que HCR, nous sommes déterminés à poursuivre ce processus, dans l’espoir qu’il aboutisse à un résultat positif. Pour les personnes déplacées, le véritable critère d’évaluation de tout processus de paix est sa capacité à modifier les conditions sur le terrain et à leur permettre de rentrer chez elles en toute sécurité, de reconstruire leur vie et d’avoir la certitude de ne plus être contraintes de fuir », a-t-il souligné lors de son discours.
Barham Salih a ainsi exhorté le Conseil de sécurité à accompagner les efforts engagés et à contribuer à la mise en œuvre des différents engagements pris dans le cadre des initiatives de paix.
« J’exhorte ce Conseil à contribuer à maintenir cette dynamique et à soutenir la mise en œuvre des engagements déjà pris », a plaidé le patron du HCR, Barham Salih.
Cette session intervient dans un contexte où, malgré la signature de l’Accord de paix de Washington entre Kinshasa et Kigali sous l’égide des États-Unis d’Amérique, ainsi que la signature de l’Accord-cadre entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda et placée sous l’égide de l’État du Qatar, la situation demeure marquée par des divergences persistantes entre les parties, notamment sur l’interprétation et la mise en œuvre de leurs engagements respectifs.
La poursuite des hostilités sur le terrain, les accusations mutuelles de violations du cessez-le-feu et les divergences d’interprétation des engagements pris entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre Kinshasa et l’AFC/M23, compliquent davantage l’application des engagements pris dans le cadre de ces initiatives diplomatiques. Elles entretiennent également la méfiance entre les deux capitales, mais aussi entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23.
Dans ce contexte, les appels se multiplient aux niveaux national, régional et international pour exhorter les différentes parties à respecter les engagements souscrits dans le cadre des initiatives de paix. Toutefois, ces appels demeurent, jusqu’à présent, sans effet notable, relançant le débat sur le décalage persistant entre les avancées diplomatiques enregistrées sur le plan politique et la réalité du terrain. La réduction de cet écart peine encore à se concrétiser. Chaque partie continue d’interpréter les dispositions des accords selon sa propre lecture, rendant leur mise en œuvre toujours plus incertaine
Clément MUAMBA