Chronique électorale (14) : Sesanga n’est pas encore le nouveau Fayulu

Kash/Série électorale
Kash/Série électorale

L’appel téléphonique de Delly Sesanga retentit. Il annonce l'organisation d'une conférence de presse capitale depuis son quartier général. Soigneusement orchestrée, cette communication s'adresse à la presse influente de la capitale, laissant présager un retrait de sa candidature et un ralliement à Moïse Katumbi. Bien que prévue pour 13 heures, la conférence de presse ne débutera que deux heures plus tard. C'est officiel : Delly Sesanga devient le quatrième candidat à rejoindre le camp de Moïse Katumbi, emboîtant le pas à Augustin Matata, Seth Kikuni et Franck Diongo.

Face à la presse, Sesanga opte pour une rhétorique oscillant entre radicalisme et réalisme. Il critique vivement le processus électoral, dénonçant un manque de fiabilité dans le fichier électoral et une cartographie incertaine, préoccupant la stabilité post-électorale. Néanmoins, il souligne l'impératif de mettre un terme au régime en place, entravant le développement du pays et de l'Afrique. Cependant, quelques jours auparavant, Sesanga avait tenu un discours différent. Il avait remis en question l'argument d'une candidature unique nécessaire pour contrer le pouvoir en place. Il mettait en garde contre la fausse idée selon laquelle la présence de plusieurs candidats validerait la fraude électorale.

Expliquant son revirement, Sesanga estime que dans le contexte actuel de manque de crédibilité du système électoral, un dépassement collectif est vital pour éviter toute manipulation des organes électoraux par le pouvoir en place, qui pourrait se maintenir artificiellement en profitant des divisions de l'opposition.

Il ajoute : « Face aux évidences et à ce moment critique de notre histoire, je suis pleinement conscient de mes responsabilités. J'ai décidé de concrétiser mes paroles en unissant nos forces à la candidature de Moïse Katumbi, dans le cadre d'un programme commun, pour offrir une nouvelle perspective à notre pays et à notre peuple. »

De plus, il s'était indigné de voir Augustin Matata lui faire des appels de phare en public pour rejoindre le camp Katumbi. Il avait souhaité une rencontre entre leaders après les discussions de Pretoria via leurs délégués. Aujourd'hui, ce n'est plus une obligation. 

Bien que perçu comme un potentiel « Fayulu » par certains observateurs, Sesanga doit encore parcourir un long chemin avant de devenir le symbole du changement. Martin Fayulu reste dans la course, Denis Mukwege démontre sa détermination et Moïse Katumbi, tel un aimant, attire à lui de nouveaux ralliements.