Goma: le discours de Félix Tshisekedi à l'ONU diversement commenté
Jeudi 22 septembre 2022 - 10:29
Félix Tshisekedi à l'ONU
Félix Tshisekedi à l'ONU

Le Président Félix Tshisekedi, a, dans son discours tenu du haut de la tribune des Nations-Unies, mardi dernier, pointé une fois de plus le Rwanda comme l'agresseur de la RDC à travers la rébellion du M23 dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu). À Goma, les avis sont partagés au sujet de ce qu'a dit le Président de la République, à l'occasion de la 77e session de l’Assemblée générale de l'ONU. Si certains habitants félicitent le Chef de l’État pour avoir clairement dénoncé l'agression rwandaise devant les Chefs d’États et des gouvernements du monde, d’autres l'invitent à vite revenir au pays pour mettre définitivement fin à l'aventure armée du M23, appuyé par le Rwanda, à Bunagana et environs dans le territoire de Rutshuru. 

« C'est vrai que le Rwanda nous attaque mais en cachette. Il faut bien le prouver avec des preuves à l'appui pour que le Rwanda soit condamné. Pas seulement en parlant. Quand on vous dit que le M23 a des armes que la Monusco n'a pas, ça veut dire  que ce sont eux qui financent le M23. On n'a rien à attendre des Nations-Unies qui ont une grande mission en RDC. Il faut que les congolais se prennent en charge. Malheureusement, il y a des congolais qui profitent de ces troubles. Ce sont des corrompus. On doit les dénicher. Bien payer l'armée et la police et cette question du M23 prendra fin » a confié un taximan de moto en pleine discussion sur l'occupation de Bunagana et d'autres localités par le M23. 

L'activiste politique Jimmy Nzialy abonde dans le même sens. 

« Le président devait dire clairement, comme le faisait Joseph Kabila sur cette tribune là, que le peuple congolais ne veut plus de la Monusco. Il l'a dit dans des termes diplomatiques. Pourtant, il devait clairement demander au conseil de sécurité de prendre des dispositions et de retirer dans l’immédiat ses troupes du sol congolais. Il faut qu'il y ait ce travail là de réforme de nos propres forces armées, de notre police, de nos propres services des renseignements. On doit donner assez de moyens dans la formation, dans l’amélioration des conditions de vie et de travail de nos forces de défense et de sécurité. Le fait d’équiper ces forces-là va faire en sorte que même un militaire de rang puisse dénoncer tous ces officiers qui sont à la solde des ennemis », a-t-il dit. 

Pour Innocent Mirimo, responsable de la ligue des jeunes du parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) au Nord-Kivu, le Président Félix Tshisekedi devrait consulter son prédécesseur, Joseph Kabila plutôt que d'aller se plaindre à l'ONU. 

« Bunagana est toujours sous contrôle du M23. Monsieur Félix doit rentrer au pays, venir consulter ses pairs, comme Joseph Kabila, l'ancien Président qui a mis fin à ces histoires du M23 et en ces moments-là, on va croire au moins qu'il aime ce pays. Sinon, 2023 n'est pas loin. Ce sera l'occasion de se choisir des dirigeants capables de maîtriser cette question de l’insécurité dans l’Est du pays », a-t-il recommandé. 

De son côté, Siradji Nyalamba, président fédéral de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) au Nord-Kivu, estime que le discours du Président Tshisekedi devant les dirigeants du monde va certainement faire bouger les choses sur la ligne des fronts. 

« Il est en train de s'attirer la curiosité des voisins, des pays amis pour dire que le Congo est en difficulté. Mais également pour dire au peuple congolais que nous devons nous assumer. Il a touché là où les autres n'ont pas osé toucher en parlant par exemple, clairement du régime de Kigali comme agresseur de la RDC. S'il faut gagner la guerre, on commence toujours par la diplomatie. C’est de cet isolement politique et même diplomatique que les voisins ont tiré des dividendes de ce qu'ils ont osé faire à la RDC. Et le Président est allé dire clairement à tous ceux qui soutiennent ce pays que c'est bel et bien le pays qui est à la base des malheurs congolais. Nous estimons que la libération de Bunagana n’est qu'une question de quelques jours », a ainsi réagi ce membre du parti présidentiel. 

100 jours se sont écoulés depuis que Bunagana, cité frontalière avec l'Ouganda, située à plus ou moins 90 Km de Goma, dans le territoire de Rutshuru, est sous le joug des rebelles du M23. Plusieurs autres localités des groupements Jomba, Busanza, Kisigari et Busanza sont également occupées par cette rébellion, soutenue par le Rwanda. Situation qui pousse plusieurs habitants de la région à l'errance du côté de Rutshuru-centre et environs. Des milliers des ménages qui s’étaient réfugiés en Ouganda ont été refoulés et vivent dans la précarité à Rutshuru-centre et environs. 

Jonathan Kombi, à Goma

 

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