RDC : "la libération des DG de l'OVD et de SOCOC est une énième entorse à la lutte contre la corruption" (UNIS)
Réseau Panafricain de Lutte contre la Corruption. Ph. Droits tiers

Des réactions fusent de toute part et le débat s’élargit après la grâce présidentielle prise par le Chef de l'État Félix Tshisekedi en faveur de Benjamin Wenga et Modeste Makabuza, respectivement Directeur général de l'Office des Voiries et Drainage (OVD) et Directeur général de la Société Congolaise de Construction (SOCOC). 

Au niveau de la société civile, Jimmy Kande, coordonnateur pays du Réseau Panafricain de lutte contre la corruption (UNIS) trouve que cette grâce présidentielle accordée à ces deux dirigeants consacre l’impunité et laisse échapper l’espoir du peuple congolais d’espérer obtenir le changement à travers ces dirigeants actuels. 

« La libération du DG de SOCOC et de l'OVD est une énième entorse à la lutte contre la corruption dans notre pays., cette violation de l'article 5 de l'ordonnance de mesures de grâce consacre l'impunité et renvoi un message fort au peuple congolais qu'ils ne doivent rien espérer des dirigeants actuels », a déclaré Jimmy Kande. 

Le coordonnateur pays de l’UNIS s’inquiète que cette grâce présidentielle puisse intervenir juste après la saga de l’Agence de Prévention de Lutte contre la Corruption (APLC) dont certains animateurs ont été impliqués dans des faits de corruption. En dépit de tout, ils continuent d’exercer librement leurs fonctions. Il appelle le président de la République à s’impliquer pour remettre de l’ordre dans ces dossiers.

« Tous ces faits semblent se dérouler dans l'indifférence totale du Président de la République tout en rappelant que ceci intervient quelques semaines après la saga de l'Agence de prévention et de lutte contre la corruption dont les animateurs impliqués dans des faits gravissimes sont pour certains en vadrouillent et d’autres continuent d'exercer librement leurs fonctions. Il est plus que temps que le Président de la République s’implique et que les auteurs impliqués dans cette affaire de libération des deux condamnés pour détournements des deniers publics et des faits reprochés à l'APLC soient hors circuit. Des faits reprochés à l’APLC et une telle mesure de grâce, au moment où l’on crie à l’Etat de droit, jette le discrédit sur le Président », a-t-il dit.

Pour rappel, Benjamin Wenga et Modeste Makabuza, ont été libérés ce vendredi 8 janvier 2020. Ils ont bénéficié de la grâce présidentielle prise par le Président de la République fin décembre 2020. L'information a été confirmée par l'avocat-conseil du DG de l'OVD, Maître Willy Wenga. Ces deux chefs des entreprises avaient été condamnés pour détournement des derniers publics dans le cadre du procès 100 jours, avec Fulgence Baramos, DG de FONER qui poursuit des soins médicaux. Benjamin Wenga a été remplacé à la tête de l'OVD.  

Jordan MAYENIKINI

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