Kongo Central : Atou Matubuana charge Mfumu Difima à mener des consultations en prélude d'un “dialogue sincère”
Le statut de Mbula Matadi à Matadi. Ph. Fonseca Mansianga/ACTUALITE.CD.

Le gouverneur du Kongo Central Atou Matubuana a, dans un arrêté signé le 3 août dernier, investi le Chef coutumier Sa Majesté Mfumu Difima Ntinu le pouvoir de consulter toutes les couches de la population Kongo en vue de la tenue du dialogue pour la paix et le développement de la province du Kongo Central.

Plongée dans une forte période des turbulences née de l'affaire Mimie Muyita, la province du Kongo Central n'a jamais été autant divisée. Sur ce, le Chef de l'exécutif provincial considère " la nécessité de réunir tous les fils et filles de la province autour de l'arbre palabre en vue d'un dialogue sincère afin de régler les différends internes et de recréer la cohésion sociale et la paix, gage du développement durable de la province du Kongo Central conformément aux valeurs traditionnelles Kongo de Kinzonzi (Dialogue, ndlr), Mbongi et Mika mia Mbua (Union, ndlr)".

Fils Ne Kongo, Mfumu Difima qui est également secrétaire général de l'association nationale des autorités traditionnelles du Congo (ANATC) avait, en date du 13 juillet, avec les autres chefs coutumiers appelé à un dialogue.

L'autorité coutumière nommée devra mener sa mission sur une durée de 30 jours à dater de la signature de l'arrêté. Son travail consistera à : rencontrer les différentes personnalités Ne Kongo issues de la notabilité, classe politique, des confessions religieuses, de la société civile et des corps constitués en vue d'aplanir les divergences et recueillir les propositions ainsi que les résolutions pouvant contribuer à la réussite du dialogue ; harmoniser les différences des vues et approches opérationnelles des intervenants lors dudit dialogue ; mettre en place, après consultation, un comité d'organisation chargé de préparer, convoquer et présider les travaux dudit dialogue ; préparer avec le comité d'organisation les termes de référence dudit dialogue ; arrêter après la mise en place du comité d'organisation et en consultation avec celui-ci le budget définitif de ces assises ainsi que fixer, en harmonie avec le comité d'organisation, la date, le lieu et la durée des travaux.

Lors de ses vacance en janvier dernier dans la ville côtière de Muanda (Kongo Central), le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi avait rencontré les élus nationaux et provinciaux du Kongo Central. Le Chef de l'État avait recommandé l'organisation d'un dialogue communautaire pour la paix dans la province en vue de résoudre en interne les conflits qui opposent certains fils et filles Ne Kongo.

Retour sur le début de l'affaire

Le Kongo Central a sombré dans une période de crise institutionnelle depuis le scandale sexuel du 25 août qui impliquait le vice-gouverneur Justin Luemba Makoso et l'assistante du gouverneur, Mimi Muyita, limogé après l'acte. Atou Matubuana et son adjoint avaient aussitôt après la tolée été suspendus puis réhabilités le 29 novembre, par le vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur, Sécurité et Affaires Coutumières.

Après le désordre orchestré par les députés à l’Assemblée provinciale du Kongo Central, le jour de l'examen de la motion de défiance du député Masumbu Baya,  empêchant ainsi le déroulement de la plénière, un groupe de 24 élus s’était retiré à l'hôtel Bilolo, dans la commune Kinkanda pour voter en faveur de la déchéance du gouverneur Atou Matubuana Nkuluki à l'insu de 17 autres restés au siège de l'organe délibérant.

Ensuite l'interminable guerre judiciaire a pris place.  Le procureur près la Cour Constitutionnelle avait, dans son courrier du 13 juillet, demandé au gouverneur de démissionner après une requête de l'Assemblée provinciale et il invitait cependant, le vice-premier ministre, ministre de l'intérieur, sécurité et affaires coutumières " à désigner l'intérimaire en vue d'assurer la continuité de services publics".

M. Matubuana avait répliqué estimant que  la Haute Cour a été "gravement" induite en erreur par l'Assemblée provinciale qui a "sciemment omis" certaines décisions déjà rendues par la justice au moment d'aller solliciter sa démission. Matubuana avait brandi notamment l'arrêt de la Cour de cassation et les jugements des tribunaux de paix et de grande instance de Matadi ayant conduit jusqu'à la destructions des décisions de l'Assemblée provinciale prises le 3, 4 et 27 décembre.

Il s'observe également des marches allant dans le sens de soutien au gouverneur et à l'appel à sa démission. Des politiques notamment les députés nationaux et provinciaux y prennent part. Deux députés nationaux dont Papy Mantezolo et Adrien Phoba avaient pris à partie, en décembre dernier, le VPM Kankonde à son arrivée à l'Assemblée nationale où il était convié.

Fonseca MANSIANGA

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