Le ministre de la défense, Aimé Ngoy Mukena a lancé lundi 2 mars 2020 à Uvira (Sud-Kivu), des pourparlers entre les membres de la communauté Bembe, en vue de rechercher des solutions pour la paix dans les hauts plateaux d’Uvira, Fizi et Mwenga, ravagés par les violences communautaires depuis 2016.
Il s’agit de la suite des pourparlers intra-communautaires initiés par les autorités. En février dernier, la communauté Banyamulenge s’était déjà réunie à Kinshasa autour de la même problématique.
« A la population du Sud-Kivu, je demande que tout le monde adhère, que tout le monde prenne sa part très rapidement, comme les gens se disputent en retard les parcelles, ils commencent à les acheter chères, il ne faut pas que certains restent en retard et viennent vers la paix en retard. Je demande aux swahilis de se mettre ensemble, il n'y aura personne qui viendra construire leurs territoires à leur place (…) », a dit le ministre de la défense qui revient d’une itinérance en Ituri, où il a signé l’accord de paix au nom du gouvernement congolais avec la milice FRPI vendredi dernier à Gety, dans le territoire d'Irumu.
Le triangle Uvira, Fizi et Mwenga est infesté par des groupes armés qui se réclament des membres des communautés locales. Ils s’affrontent régulièrement et ont déjà causé plus de 50.000 déplacés, des centaines de morts et des villages entiers incendiés. Les efforts militaires déployés dans la région n’ont permis à rien de surmonter les violences.
« Le premier pilier du président de la République c'est la paix et le développement, le premier pilier et la première mission du gouvernement central c'est la paix et le développement, je donne la chance à ce dialogue. », a lancé Aimé Ngoy Mukena.
Les pourparlers intra-communautaires ont été initiés après l’échec en juin 2019 du dialogue communautaire organisé par les autorités. D’où, cette politique de rapprochement dans un premier temps, des membres des mêmes communautés.
Depuis 2016, des affrontements violents sont signalés à Minembwe et Bijombo dans les hauts et moyens plateaux entre des groupes armés se réclamant intercommunautaires, des colonels des FARDC ont déserté les rangs pour s'allier aux forces rebelles dans ces contrées. Ces assises ouvertes par le gouverneur du Sud-Kivu, Théo Kasi avaient bâclé suite aux soupçons et accusations des communautés participantes dans un contexte des conflits.
Justin Mwamba