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En marge de la célébration ce mardi 10 décembre de la journée internationale des droits de l'homme, le Mouvementdes survivantes des violences sexuelles au Kasaï Central, Ituri et Nord et Sud Kivu, a plaidé, à Bukavu, pour l’application des recommandations du rapport Mapping. Il s'agit d'un rapport des Nations Unies qui avait recensé quelque 617 crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis entre 1993 et 2003 en RDC. Des crimes commis pour l’essentiel par les armées étrangères et leurs alliés congolais. 

Ce collectif regrette que ce rapport soit classé alors que son exploitation devrait permettre aux victimes d’innombrables crimes, dont les violences sexuelles, d’avoir accès à la justice.

"C'est un rapport qui a  repris beaucoup des crimes commis en RDC, et quand on parle des crimes, on voit aussi les violences sexuelles. Mais jusque-là, ce rapport demeure non exploité. Nous nous demandons pourquoi, alors que son exploitation devrait permettre des poursuites judiciaires à l’encontre des gens qui y sont indexés d’être auteurs des crimes. S’ils sont jugés, je pense que les victimes des violences sexuelles auraient quelque part, une part de justice", a déploré Tatiana Mukanire, Coordonnatrice mondiale des survivants des viols. 

Il y a une semaine, lors d’une allocution à l’Assemblée nationale française, le prix Nobel de la paix Denis Mukwege a aussi plaidé pour que le rapport Mapping soit "sorti de son placard". Ce médecin gynécologue qui milite, depuis des années, pour une justice en faveur des victimes des différents crimes commis par des groupes armés et des responsables politiques, dans l'est de son pays, veut qu'une suite, surtout judiciaire, soit donnée à ce rapport. Car, reste-t-il convaincu, "il n’y aura pas de paix sans la justice en RDC et dans la région des Grands Lacs".

Justin Mwamba, à Bukavu

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