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Kin-Bopeto : quand les femmes s’en prennent à la gestion des déchets

Kinshasa est actuellement confrontée à de sérieux problèmes d’insalubrité. Absence de politiques d’évacuation des déchets, maladies récurrentes… La rédaction femme d’ Actualité.cd vous propose un tour d’horizon dans les rues et quartiers de la capitale.

En général, chaque ménage dispose de ce que l’on pourrait qualifier d’un processus “personnalisé” dans la gestion des déchets. D’une commune à une autre, des femmes se sont relayées pour relater leur dispositif de gestion des déchets.

Sephora vit à “Grand monde”, un quartier voisin de Pakadjuma, dans la commune de Limete. Dans la parcelle où elle est locataire, le bailleur a imposé l’utilisation d’une seule poubelle pour trois maisons. “C’est une règle que j’ai trouvée depuis que j’habite ici. Par semaine, nous vidons nos poubelles au moins une fois. Les boîtes de conserves, les sacs plastiques ou les aliments avariés, toutes les ordures y sont jetées.” 

 Dans les autres communes, les techniques de vidange sont différentes. “J’ai un seau de 25 litres. C’est là que je place toutes les immondices. En fin de semaine, les éboueurs passent pour le vider à 500 francs ou 1000 francs congolais, selon la quantité des déchets”, explique Niclette, infirmière et habitante de Kalamu. Nadège, vendeuse d’eau en sachet au grand marché de Kinshasa et qui vit à Selembao, complète : “ Le seau que j’utilise comme poubelle est de 15 litres. Pour le vider, je me lève tous les jours à 6 heures du matin pour aller déposer mes déchets dans une rivière près de mon domicile”.

Philomène, par contre, n’utilise pas de seau. Elle emploie des sacs vides qu’elle pose dans un trou creusé dans sa parcelle uniquement pour ses déchets. “J’ai un personnel de ménage. C’est lui qui s’occupe de tous les travaux de ma maison. Quand je fais mes provisions de maïs ou des riz, je mets en réserve ces sacs vides pour qu’ils nous servent de poubelles. Tous les objets secs sont jetés dans les sacs. Des déchets humides ou en liquide sont jetés dans un trou. Toutes les semaines, je veille à ce que les poubelles soient vidées. ” 

La fièvre typhoïde : hantise des ménages

Certaines femmes ont également exprimé leurs inquiétudes par rapport aux maladies récurrentes dans leurs foyers. C’est le cas de Philomène qui parle de la fièvre typhoïde. 

“C’est une chose qui nous (mon époux et moi) inquiète. Malgré les normes de propreté que j’ai instaurées dans mon foyer, chaque mois il y a toujours une personne dans ma maison qui souffre de la fièvre typhoïde,” s’indigne Philomène.

Abondant dans le même sens, Albertine Ntumba, propriétaire d’une gargote à Kingabwa, dans la commune de Limete, se plaint des pics récurrents de malaria.. “La seule maladie qui revient tous les mois dans ma maison, c’est la malaria. Parfois, on paie des médicaments dans une pharmacie pour se faire soigner. Mais, quelques jours plus tard, elle refait surface.” 

Des propositions pour la réussite de Kin Bopeto

Pour la réussite de l’opération Kin-Bopeto, si certaines estiment que les actions avancent en bonne et due forme, d’autres pensent qu’il y a encore des choses à améliorer.

Irène Ilunga propose d’étendre l’opération à tous les coins de la capitale.“C’est une opération très louable. Je me demande pourquoi elle ne se limite qu’aux grandes artères de la capitale. Elle devrait s’étendre jusque dans les avenues et les quartiers les plus reculés.” 

Pour Philomène, le gouvernement devrait songer à renforcer le comité de suivi de cette opération. “Il faudrait qu’il y ait un suivi régulier de toutes les actions. Sur chaque avenue, chaque quartier et chaque commune, les autorités devraient placer des agents.”

“Il n’y a pas une politique de gestion des déchets dans la capitale. Parfois, nous faisons un effort de vider nos caniveaux mais les services de l'Hôtel de Ville ne passent pas pour évacuer ces déchets. Les autorités de la ville devraient songer à placer des poubelles publiques et bien gérer les déchets”, propose Niclett, une habitante de la commune de Kalamu.

Pour rappel, l’opération Kin Bopeto, lancée le 19 octobre, est un programme d'assainissement de la ville de Kinshasa, initié par le gouverneur Gentiny Ngobila. Le gouvernement provincial avait promis de récompenser les 24 quartiers les plus propres, en raison d’un quartier par commune chaque mois.

Prisca Lokale

 

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