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Les mouvements citoyens Lutte pour le Changement (LUCHA), UNIS et FILIMBI ainsi que l’Association Africaine des Droits de l'Homme (ASADHO) qui s’opposent à une possible décision de l’Union Européenne de lever ses sanctions ciblées infligées à plusieurs anciens dignitaires congolais posent des conditions avant la levée effective de ces mesures.

Ils demandent notamment aux autorités congolaises d’engager des poursuites contre les personnalités sanctionnées pour leur implication dans les abus des droits de l’homme au pays.

« En conclusion, si l’Union Européenne tient réellement à l’établissement d’un véritable état de droit et d’un environnement politique ouvert et protégé, elle devrait exiger, comme préalable à la levée des sanctions: - que le gouvernement congolais prenne des mesures claires pour traduire devant la justice les auteurs de violation de Droits de l'homme et ceux impliqués dans la corruption et le pillage des ressources,- que le gouvernement congolais initie des réformes courageuses du pouvoir judiciaire et des services de sécurité pour se rassurer d’une justice capable de poursuivre en toute indépendance, une police et une armée professionnelles et respectueuses des droits de l'homme. », souligne leur communiqué conjoint.

L’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ), n’est pas signataire de ce communiqué. Son président, Georges Kapiamba a récemment soutenu la démarche de Félix Tshisekedi pour l’allégement des sanctions de l’Union Européenne contre certains dignitaires du régime Kabila.

« Nous sommes d’accord avec le Chef de l’Etat lorsqu’il fait une nuance en disant les gens pour lesquels il demande l’allégement sont ceux qui ne sont pas impliqués dans la commission des crimes graves de droit de l’homme. Ceux qui ne sont pas reconnus auteurs ou complices des crimes graves nous ne voyons pas pourquoi les sanctions ne peuvent pas être allégées contre eux. Mais ceux qui sont impliqués dans la commission ou qui ont autorisé, planifié, encouragé les violations graves des droits de l’homme doivent continuer jusqu’à ce que la justice soit rendue aux victimes », avait déclaré à ACTUALITE.CD Georges Kapiamba.

L’Union Européen avait adopté le 12 décembre 2016 et le 29 mai 2017 les sanctions 14 hautes personnalités congolaises pour « aux entraves au processus électoral en RDC et aux violations des droits de l'homme ». Les sanctions ont été prolongées d’un an en décembre dernier. Ces sanctions ciblent Gabriel Amisi (FARDC), Ilunga Kampete (FARDC), Ferdinand Ilunga Luyoyo (PNC), Célestin Kanyama (PNC), John Numbi (PNC, mais actuellement inspecteur général des FARDC), Roger Kibelisa (ANR), Delphin Kaimbi (DEMIAP), Evariste Boshab (ancien ministre de l’Intérieur et de la Sécurité), Alex Kande Mupompa (ancien gouverneur du Kasaï Central), Jean-Claude Kazembe Musonda (ancien gouverneur du Haut-Katanga), Lambert Mende (ministre de la Communication et des Médias), Eric Ruhorimbere (FARDC), Ramazani Shadary (ancien ministre de l’Intérieur) et Kalev Mutond (ancien numéro 1 de l’ANR).

Auguy Mudiayi