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Le 19 septembre 2016: au moins 53 personnes avaient été tuées en RDC

Jeudi 19 septembre 2019 - 19:16
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ACTUALITE.CD

Dans un communiqué signé le 19 aout 2016, le Rassemblement appelait à une mobilisation par des « actions de résistance pacifique » à partir du 1er septembre 2016. Il avait également annoncé des sit-in devant les bureaux de la CENI et des ambassades installées en RDC pour le 19 septembre 2016. Officiellement, l’autorité urbaine avait été saisie par les FONUS qui annonçaient une marche pacifique pour réclamer la convocation du corps électoral. Pendant ce temps, certains opposants avaient accepté de participer au dialogue dit de la Cité de l’Union africaine. Les mouvements citoyens comme la Lucha et Filimbi insistaient pour l’organisation des élections en décembre de la même année.

Le 19 septembre 2016, plusieurs manifestants étaient descendus dans la rue pour exiger le respect du calendrier électoral. Les autorités parlaient de 17 morts (14 civils et 3 policiers). Le bilan de l’ONU faisait état de 53 personnes tuées, 127 blessés et 368 arrestations. Dans son rapport, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme notait que « les forces de sécurité ont eu un recours excessif à la violence et aux armes ». Il avait rapporté des cas des victimes avec des blessures par balles dans la poitrine ou la tête.

Pour sa part, la CENCO avait demandé une enquête indépendante pour établir les responsabilités sur les tueries. Pour les évêques, le sang de personnes tuées est un signe de temps : « Par respect pour les morts et en solidarité avec le peuple congolais, la CENCO a décidé de suspendre sa participation au Dialogue pour faire le deuil et chercher un consensus plus large ».

Dans ce climat, le siège de l’UDPS avait été incendié et plusieurs personnes étaient tuées. Le parti avait porté plainte et décrété trois jours de deuil.

Témoin, ACTUALITE.CD, avait recueilli les propos des acteurs politiques et de la société civiles. Quelques extraits :

« Il y a eu destructions méchantes, morts d’hommes, des personnes calcinées et d’autres tuées et jetées dans le feu. Derrière ces actes, il y a des commanditaires. Nous avons eu les informations sur certains d’entre eux », Peter Kazadi, cadre de l’UDPS.

« Ce lundi 19 septembre 2016, la ville de Kinshasa vient de faire face à un mouvement insurrectionnel qui s’est soldé par un échec. Alors qu’on s’attendait à une manifestation organisée par l’opposition, ce sont des cocktails Molotov, armes à feu, barricades qui ont accueillis les agents de sécurité (…). Ce mouvement a échoué ». Evariste Boshab, à l’époque vice-Premier ministre en charge de l'Intérieur.

« Le procureur général de la république a ouvert une enquête. Plusieurs jeunes ont été interpellés. Les députés Kovo Ingila et Martin Fayulu ont été arrêtés en flagrant délit (…). Des armes ont étés volées dans les commissariats de police. Ce ne sont pas des policiers qui ont tiré. Les policiers avaient des armes non létales. On n’a pas donné des munitions aux policiers », Lambert Mende, à l’époque ministre de la communication et des médias.

« Aux alentours de 14h, Carbone Beni Wa Beya, chargé de la Mobilisation et Déploiement du collectif FILIMBI, a accompagné un militant du mouvement touché par une balle au niveau de l'œil à l'hôpital », Floribert Anzuluni, coordonnateur de Filimbi

« Les événements de ce 19 et 20 septembre auraient pu être évités si nous avions tous choisi de quitter nos positions extrêmes pour privilégier la solution la moins coûteuse en vies humaines et en pertes matérielles (…).Il est temps et plus que temps de faire preuve de patriotisme », Vital Kamerhe, à l’époque opposant participant au Dialogue de la Cité de l’UA.

« C’est avec consternation que nous suivons ce qui se passe à Kinshasa. Nous voulons présenter nos condoléances les plus émues aux familles des toutes personnes qui ont perdu la vie en se battant pour la justice, la liberté et la dignité (…). Toutes les méthodes violentes ne peuvent engendrer que la violence », Dr. Denis Mukwege-

« Pourtant autorisée, cette manifestation présentée comme pacifiques a été détournée par ses organisateurs vers un autre objectif à savoir : la violence aveugle, ou pire, des émeutes, sanglantes (…). Le recours à l’insurrection ne peut constituer une alternative au Dialogue », Joseph Kabila, à l’époque Chef de l’Etat.

« Je vous demande de me regarder bien parce que je ne vous en dirai pas plus. Désormais plus rien ne sera comme avant. Le sang de ceux  sont tombés au nom de la paix va bientôt libérer le Congo (…). En vertu de l'article 64 de la constitution nous serons obligés de chasser Kabila (…). Mieux vaut mourir debout que marcher à genoux », Jean-Marc Kabund, à l’époque SG de l’UDPS.