Catégorie
Photo ACTUALITE.CD.

La police nationale Congolaise (PNC) annonce le déploiement de ses unités dans plusieurs agglomérations du territoire de Djugu en proie aux violences armées depuis avril dernier. Ces entités sont Bule, Kpandroma, Blukwa, Largu, Fataki, Pimbo, Djugu centre, Katoto, Iga Barrière, Nizi, Tchomia, Mandro, Lopa Lisasi et Kobu. Ces agglomérations ont été le théâtre des tueries des plusieurs dizaines de civils par des hommes armés dirigés par un certain « Ngudjolo ».

Dans son communiqué qui date du 16 juillet, la PNC affirme que des unités seront aussi déployées dans le territoire de Mahagi, précisément en chefferie de Mokambo, ainsi que dans le territoire d’Irumu à savoir à Kasenyi, Kunda et Mwanga. A Kasenyi, les assaillants ont fait plusieurs incursions en provenance de la forte de Wago à Djugu, tuant civils et agents de l’ordre et de sécurité.

A Mokambo, près de 40 personnes ont été tuées par les hommes armés en mai dernier, la société civile locale. A Mwanga par contre, trois policiers étaient tués par les assaillants en juin dernier. Le commissaire général adjoint de la PNC en charge de l’administration, Yav Mushid s’était rendu à Mwanga lors d’un récent séjour en Ituri. M. Mushid avait à l’occasion annoncé le déploiement de 200 policiers en province de Kinshasa dans le territoire de Djugu.

Selon la police, la décision du déploiement des unités dans les zones précitées suite fait suite au passage de Félix Tshisekedi début juillet en Ituri. 

Contexte

Les violences armées ont resurgi en avril dernier dans le territoire de Djugu. L’armée a identifié un certain « Ngudjolo » comme le chef de la milice dont les hommes opèrent dans plusieurs localités et dans la chefferie de Mokambo en territoire de Mahagi. 

Mgr Dieudonné Uringi, évêque du diocèse de Bunia, a dénoncé pour aussi, l’existence d’une secte mystico-religieux dénommée CODECO encourageant les violences qui ont déjà fait plus d’une centaine de morts dans le territoire de Djugu. L’armée a annoncé dimanche avoir démantelé ce groupe armé après les offensives menées depuis le 27 juin pour la conquête du bastion des miliciens situé dans la forêt Wago dans le cadre de l’opération « Zaruba ya Ituri (Ndlr : la tempête de l’Ituri) ». 

Le territoire de Djugu avait déjà été secoué par des violences meurtrières en 2017 et 2018. Plus de 200 civils étaient tués, des villages entiers incendiés et plus de 2000 personnes avaient traversé le lac Albert pour vivre en Ouganda. Des centaines de déplacés internes arrivés à Bunia étaient installés autour de l’hôpital général. Cette année, le HCR a dénombré plus de 300 000 personnes qui ont fui les violences depuis début juin dans les territoires de Djugu et Mahagi.

Patrick Maki