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Un milicien dans l'est de la RDC. / Ph. Pascal Mulegwa

 

 

Un groupe de miliciens mai-mai ont fait évader, samedi 13 juillet, trois détenus du cachot de la police de Biambwe, chef-lieu du groupement Manzia situé à près de 60 Km à l’ouest de Butembo, dans le territoire de Lubero. 

 

D’après la société civile locale, c’est depuis la soirée du vendredi dernier qu’un groupe de trois miliciens ont investi cette entité pour se livrer à des pillages à la résidence d’un médecin traitant dans un centre de santé local ainsi qu’au couvent d’une compagnie des sœurs du diocèse catholique de Butembo-Beni.

 

Ils se sont, d’après la même source, dirigés dans la suite au cachot de la police et faire évader trois prévenus qui y étaient détenus.

 

«Chez le médecin comme au couvent des sœurs situé à 400 Km de là, ils ont pillé argent et téléphones portables. Les habitants se sont du coup retirés. Malheureusement samedi (le lendemain, Ndlr), ils ont été aperçus dans l’entité. Toute la journée, ils se promenaient avec des lances et une arme AK 47. Des militaires basés à Nziapanda (14 Km à l’ouest de Biambwe, Ndlr) sont intervenus le soir pour les pourchasser», rapporte Cyprien Sangala, président de la société civile locale.

 

Cette information est confirmée par des sources administratives de la localité.Elles signalent  à ACTUALITE.CD que ces miliciens seraient venus de Pumungu, des collines surplombant la région de Vinjo, à 30 Km de Biambwe où ils ont déjà érigé leur base.

 

La société civile demande aux autorités de déployer des militaires pour traquer ces miliciens qui veulent déborder dans ce coin du territoire de Lubero, jadis havre de paix.

 

« Nous aussi nous avons été alerté que ces miliciens veulent s’installer dans la région de Vinjo, en collaboration avec certains jeunes du coin. Ils commencent déjà à rançonner des fermiers, en leur exigeant 50 dollars chacun. Depuis près de cinq ans maintenant, l’armée et la police sont absentes de la région. Ces miliciens, coincés dans le sud de Lubero, veulent donc profiter du vide sécuritaire pour déborder. Que les autorités les traquent avant qu’on enregistre des incidents sécuritaires», plaide Sangala.

 

Le groupement Manzia, qui ouvre une vue sur le secteur de Bapere, demeure aujourd’hui l’un des rares oasis de paix du territoire de Lubero où sont actifs une dizaine de milices mai-mai.

 

Une source coutumière des Bapere rapporte que, depuis quelques semaines maintenant, des miliciens, les uns traqués dans la région de Mabalako (Beni-territoire) et d’autres dans le Sud du territoire de Lubero, voudraient se diriger dans les groupements Manzia (chefferie des Baswagha) et Bapakombe (secteur des Bapere) pour ériger leurs bases.

 

«Il faut vite leur barrer la route», plaide le chef d’un groupement des Bapere sous couvert d'anonymat.

 

 

Claude sengenya