Catégorie
Ph. MSF

Plus de 1 500 personnes sont mortes de l'épidémie de rougeole au cours des cinq derniers mois en République démocratique du Congo (RDC), a révélé ce lundi 10 juin 2019 l'ONG Médecins sans frontières qui prend part aux opérations de riposte.

"Au cours des cinq premiers mois de 2019, plus de 1.500 décès liés à la rougeole ont été officiellement comptabilisés, soit près des ¾ du nombre total de décès enregistrés sur toute l’année 2012 lors de l’épidémie la plus mortelle de cette dernière décennie", écrit l'ONG dans un communiqué envoyé à ACTUALITE.CD.

Cette épidémie de rougeole "risque d’être la plus meurtrière depuis sa forte résurgence dans le pays en 2011-2012", indique l'Organisation médicale et humanitaire.

Depuis le début de l’année, Médecins Sans Frontières, lit-on dans le communiqué, "combat l’épidémie de rougeole aux côtés des équipes locales du ministère de la Santé dans dix provinces du pays."

Ces provinces sont : Haut-Lomami, Lualaba, Tanganyika, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Tshopo, Kasaï, Kasaï Central, Haut-Uélé et Ituri. 

L'Organisation affirme faire face à "l’ampleur de l’épidémie" et dit renforcer "ses moyens de lutte et déploie des équipes dans de nouvelles zones de santé afin d’y lutter contre la propagation de l’épidémie."

« La rougeole a causé beaucoup de dégâts dans mon village. Il y avait des morts dans quasiment chaque maison. Certaines familles ont perdu deux, trois voire quatre enfants », témoigne Albertine, habitante de la zone de santé de Kamwesha (Kasaï) où MSF est intervenue au mois de mai dernier.  

La rougeole touche principalement les enfants.

En RDC, plusieurs facteurs expliquent sa récurrence parmi lesquels la faible couverture vaccinale ; l’approvisionnement irrégulier – voire les ruptures de stocks – en vaccins ; un système de surveillance affaibli ; des moyens logistiques limités mettant à mal la chaîne de froid ; des conflits armés et des déplacements qui paralysent le système sanitaire de certaines zones ; ou encore un problème d’accès financier ou géographique aux structures de soins.  

Christine Tshibuyi