Le tribunal militaire de Kananga, au Kasaï Central, a consacré son audience de ce vendredi 7 juillet 2017 au débat sur la vidéo de l'exécution des experts de l'Onu, en mars dernier, dans la localité de Moyo Musuile, à environ 50 km de Kananga, dans le territoire de Dibaya. Dans une correspondance transmise au juge président du tribunal militaire et lue séance tenante, le principal suspect dans le meurtre, Évariste Ilunga Lumu, par le biais de son avocat, a rejeté l'authenticité de la vidéo de l'exécution des experts projetée à l'audience du mercredi 5 juillet 2017.
Pour le prévenu Ilunga, c'est un montage des FARDC. "<em>Jamais de mémoire des Congolais, les miliciens n'ont filmé leurs actes. L'histoire de filmage de ce genre de scènes remonte à l'assassinat du colonel Mamadou Ndala et les auteurs étaient les FARDC</em>”, peut-on lire dans la correspondance.
Ilunga Lumu se pose la question sur les séquences de la vidéo se rapportant à l'exécution de quatre Congolais qui accompagnaient les experts. Le prévenu Ilunga dit n'être pas concerné par cette vidéo et exige une expertise des “<em>professionnels</em>” en la matière et des examens ADN sur l'arme trouvée sur le lieu du crime.
Le tribunal militaire a jugé cette correspondance de “<em>manœuvre</em>” tendant à retarder le déroulement du procès et a décidé de s'en débarrasser. Pour leur part, les co-prévenus de Ilunga se sont désolidarisés de cette démarche. Le tribunal a demandé aux parties de déposer la liste de leurs témoins et l'auditeur militaire a cité 6 témoins à charge dont trois majeurs. Il s'agit du capitaine Mbuara Muiza Issa, chargé des opérations à la 5ème brigade basée à Kananga et commandait le secteur de Bunkonde au moment des faits ; Jean Bosco Mukanda Mbukanda Mbuyangandu par qui la nouvelle du meurtre des experts s'était répandue et, enfin, Kapelayi Mbueka qui aurait vu Évariste Ilunga “<em>en possession de la tête de Zaïda Catalan</em>”.
Les prévenus ont, par ailleurs, demandé que le directeur de la Direction générale de migration (DGM) du Kasaï Central et le ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende, pour qu'ils puissent éclairer le tribunal sur l'origine de la vidéo diffusée devant la presse, en avril dernier. La prochaine audience est fixée au lundi 17 juillet 2017 afin de permettre au greffier d'atteindre tous les témoins cités.
<b>Sosthène Kambidi </b>