Alors que les efforts de santé publique se concentrent sur la gestion des urgences épidémiologiques dans la région, d'autres secteurs sanitaires vitaux subissent de plein fouet l'insécurité. Dans la cité minière de Mongbwalu, plus de 70 % des habitants du quartier Shune 2 n’auraient pas bénéficié de la dernière campagne de distribution de moustiquaires imprégnées d'insecticide et de médicaments contre le paludisme.
Une distribution suspendue après des actes de vandalisme
Cette rupture de la couverture préventive fait suite à une attaque perpétrée la semaine dernière contre les équipes de relais communautaires sur le terrain. Au cours de cette incursion, des moustiquaires, des lots de médicaments ainsi que des téléphones portables de service ont été purement et simplement incendiés par les assaillants.
«Nous avons traversé des moments très difficiles. Mardi dernier, nos équipes ont été attaquées et pillées : les armes des agents ont été emportées, tout comme les biens destinés aux habitants des avenues Mahagi et Jamaica. Malgré les menaces et le banditisme récurrent perpétré par des groupes armés, nous demandons aux autorités locales et sanitaires de sécuriser au plus vite nos équipes pour reprendre la distribution et ne pas abandonner la population», déplore Hilaire Basiloko, chef de quartier.
De son côté, l'administration de la zone de santé de Mongbwalu confirme la véracité de cet incident regrettable tout en soulignant les défis sécuritaires rencontrés sur le terrain. Interrogé à ce sujet, le chargé de communication Doka Ngoyi rassure quant aux tractations en cours pour sécuriser la zone :
«Nous faisons face à une situation où certaines parties de la commune sont ciblées par des criminels qui s'attaquent directement aux distributeurs et aux moustiquaires de la communauté. Nous ne pouvons pas sacrifier toute une population à cause d'une poignée de bandits armés. Nous sommes actuellement en train d'harmoniser avec les autorités locales, les chefs de quartier et d'avenue pour trouver une solution sécurisée afin de continuer la distribution et porter assistance aux ménages», a-t-il indiqué au téléphone.
Une situation humanitaire et sanitaire qui reste également particulièrement préoccupante pour les populations déplacées à travers le territoire de Djugu.
Freddy Upar, à Bunia