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Kinshasa : la Galerie Palanca réunit les pionniers de la peinture africaine et les artistes contemporains dans l’exposition « Échos : Mémoires & Transmissions » 

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À Kinshasa, l’art africain se raconte au-delà des frontières et des générations. À la Galerie Palanca, l’exposition « Échos : Mémoires & Transmissions » propose une rencontre entre différentes histoires, sensibilités et expressions artistiques du continent. Ouverte le 11 octobre 2026, cette exposition collective se poursuit jusqu’au 11 février 2027.

Peinture, sculpture, photographie, installation et performance composent ce parcours consacré aux questions d’identité, de mémoire, de restitution, d’urbanité et de futurisme africain. Les œuvres présentées mettent en regard des trajectoires artistiques issues notamment de la République démocratique du Congo, du Cameroun, du Mali, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de l’Angola, du Nigeria, du Sénégal, du Ghana et de l’Afrique du Sud.

« Échos est une exposition qui retrace l’évolution de l’art, des artistes modernes aux artistes contemporains. Elle rassemble des créateurs dont les œuvres font écho à l’histoire de l’Afrique, de sa diaspora et des Caraïbes. Nous avons voulu les faire dialoguer en puisant dans l’héritage des anciens pour mieux mettre en lumière les artistes de notre époque », a expliqué Julie Theys Tshiongo, curatrice de l’exposition.

La démarche repose sur une conviction : les créations artistiques contemporaines ne sont pas détachées de leur histoire. Elles portent des héritages, prolongent des gestes, revisitent des expériences collectives et traduisent les imaginaires de sociétés en transformation.

Des héritages artistiques qui traversent les générations

L’un des intérêts de "Échos" réside dans la mise en dialogue des artistes modernes et contemporains. L’exposition accorde une place aux pionniers de la peinture congolaise, notamment Pili Pili Mulongoy, Mwenze Kibwanga, Bela Sara, Victor Kabinda Kunkulu, Floribert Mwembia ou encore Norbert Ilunga.

Leurs œuvres côtoient celles d’artistes contemporains congolais tels que Chéri Chérin, Moke Père, Amani Bodo, Chenge Baruti, Dolet Malalu, Freddy Tsimba, Kura Shomali, Vitshois Mwilambwe Bondo et Romario Lukau.

Cette confrontation entre différentes générations permet de parcourir plusieurs périodes de l’histoire de l’art congolais, sans enfermer les créations dans une évolution strictement chronologique. Elle donne plutôt à voir des continuités, des ruptures et des influences qui nourrissent les pratiques artistiques actuelles.

L’ouverture panafricaine constitue un autre axe majeur de l’exposition. Des artistes comme Barthélémy Toguo et Dieudonné Djiela Kamgang, du Cameroun, Aboudia et Médéric Turay, de Côte d’Ivoire, Famakan Magassa et Opah Bathily, du Mali, ou encore Gonçalo Mabunda, du Mozambique, participent à cette diversité de regards.

La sélection comprend également des photographes, notamment Daniel Cole, du Nigeria, ainsi que Julie Djikey et Rachel Malaïka Nkumisong, de la RDC. Les sculpteurs Freddy Tsimba, Nella Esthim et Simplus Ntoto contribuent, de leur côté, à élargir les formes d’expression représentées.

Au total, plusieurs dizaines d’artistes sont réunis dans cette exposition qui fait dialoguer des expériences culturelles différentes autour de préoccupations communes.

Le patrimoine congolais au cœur de l’ambition de Julie Theys Tshiongo

Derrière cette initiative se trouve Julie Theys Tshiongo, fondatrice et promotrice de la Galerie Palanca, également curatrice de l’exposition.

Collectionneuse et entrepreneuse culturelle, elle nourrit depuis plusieurs décennies un intérêt particulier pour l’art congolais. Sa rencontre avec les grands maîtres de la peinture congolaise en 1995 constitue un tournant dans son engagement.

Diplômée en histoire de l’art à l’Institut Sainte-Marie de Bruxelles, elle a progressivement constitué une collection réunissant des œuvres modernes et contemporaines. Cette collection constitue aujourd’hui le socle de ses initiatives en faveur de la promotion des artistes africains.

Son projet dépasse cependant la simple présentation d’œuvres au public. À travers la Galerie Palanca, fondée à Kinshasa en 2000, elle entend contribuer à rapprocher les créations artistiques de leurs territoires d’origine et à renforcer leur visibilité auprès des publics africains.

L’une de ses ambitions concerne particulièrement les œuvres des maîtres de la peinture congolaise conservées hors du pays. Pour certains artistes historiques, notamment Pili Pili Mulongoy, Mwenze Kibwanga, Bela Sara et Victor Kabinda Kunkulu, la démarche consiste à travailler à leur rapatriement afin qu’elles puissent être présentées au public congolais.

« Julie Theys Tshiongo porte un projet d'une ampleur exceptionnelle : présenter ici, en République démocratique du Congo, des œuvres inédites et, pour les œuvres des maîtres modernes (Pilipili Mulongoy, Mwenze, Bela Sara, Kabinda et d'autres), travailler à leur rapatriement. Son but est que celles-ci soient enfin offertes au regard du public congolais, et plus largement africain », a déclaré Loïc Nicolas, enseignant et consultant en art. 

Selon lui, il y a, dans le travail de Julie Theys Tshiongo, « une volonté profonde de ramener l'art au plus près de son univers de création et lutter contre la toute-puissance d'un marché occidental qui, trop souvent, ne permet ni de valoriser ni de sécuriser l'engagement artistique dans les pays de création ». 

Pour Julie Theys Tshiongo, la valorisation de ces œuvres passe notamment par leur exposition, leur transmission et leur inscription dans une histoire de l’art accessible aux nouvelles générations.

James Mutuba

 


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