Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa s’est exprimé au sujet des perquisitions menées en Belgique à l’encontre de certains membres de l’entourage du président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi. Évoquant cette question lors d’un briefing de presse conjoint avec son collègue, le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, le garde des Sceaux congolais s’est interrogé sur les conditions dans lesquelles cette série de perquisitions a été menée. Il a ainsi insisté sur le respect de la présomption d’innocence, des droits de la défense et des garanties d’une procédure équitable.
« À première vue, ce qu’il faut retenir, c’est que la présomption d’innocence, le respect des droits de la défense et les garanties d’une procédure équitable sont des principes fondamentaux de l’État de droit. Ils doivent être respectés en toutes circonstances. Mais c’est vrai que ces perquisitions, nous nous sommes légitimement interrogés sur les conditions dans lesquelles cette série de perquisitions a été menée, notamment au regard des droits des personnes concernées » a déclaré Guillaume Ngefa.
Le ministre de la Justice a précisé qu’il revenait aux autorités belges compétentes d’examiner cette question conformément à leur législation. Guillaume Ngefa a également exprimé ses préoccupations concernant la médiatisation de cette affaire et les fuites dans les médias.
« C’est vrai qu’il appartient aux autorités belges compétentes d’examiner cette question conformément à leurs lois. C’est-à-dire que nous ne préjugeons pas de leurs conclusions, mais nous nous attendons à ce que toutes les garanties légales soient effectivement respectées. C’est vrai que nous sommes aussi préoccupés par l’ampleur de la médiatisation de cette affaire, pour la simple et bonne raison que, lorsqu’on fait des perquisitions, il faut respecter la présomption d’innocence. Et je crois qu’il y a eu des fuites dans les médias sur cette affaire. Pourquoi ? Parce qu’une plainte ne constitue pas une preuve de culpabilité. On ne devrait donc pas condamner publiquement, comme certains l’ont fait, avant que la justice fasse son travail » a-t-il affirmé lors de son intervention.
Le garde des Sceaux a par ailleurs fait savoir que des échanges avaient eu lieu avec les autorités belges au sujet de cette situation.
« Je pense que ce sont ces préoccupations que nous avons pu partager, au moment opportun, avec les autorités belges. En tant que ministre de la Justice, j’ai pu entrer en contact avec mes homologues pour parler de ces questions, pour évoquer ces préoccupations. Il ne m’appartient pas de révéler les conversations que nous avons eues » a-t-il déclaré.
Le ministre a assuré que les échanges avec les autorités belges se poursuivraient, tout en soulignant la nécessité de respecter l’indépendance de la justice belge et de garantir les droits des ressortissants congolais concernés.
« Mais je tiens ici à rappeler que nous allons continuer les échanges avec les autorités belges, tout en respectant l’indépendance de la justice belge et en nous assurant que les droits de nos compatriotes sont effectivement garantis. Donc, la procédure suit son cours normal, en toute indépendance et, nous l’espérons, à l’abri de toute pression politique et médiatique, afin que la vérité soit établie » a souligné Guillaume Ngefa.
Abordant les mécanismes utilisés par les autorités congolaises pour traiter ce dossier, le ministre de la Justice a rappelé l’existence de canaux de coopération judiciaire avec la Belgique.
« Quant à nous, je pense que nous disposons de canaux de coopération judiciaire et nous allons continuer dans ce sens parce que les gens s’attendaient à ce que le ministre de la Justice fasse des communiqués, etc. Nous avons des canaux. Il y a un comportement qu’un ministre de la Justice doit adopter face à ce genre de situation » a-t-il expliqué.
Guillaume Ngefa a également évoqué la démarche diplomatique entreprise par le gouvernement congolais.
« Vous avez également vu que notre ministre des Affaires étrangères a pu, par la voie diplomatique, convoquer l’ambassadrice de Belgique pour en parler. Donc, ce n’est pas de la sensation, on ne fait pas des questions aussi importantes sur les réseaux sociaux. Malheureusement, notre opinion veut avoir les informations sur les réseaux sociaux » a-t-il déclaré.
Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, a enfin réaffirmé la volonté des autorités congolaises de suivre cette affaire dans le respect du droit.
« Nous sommes un État responsable. Nous avons pris des mesures responsables et nous allons continuer à suivre cette situation de manière responsable, en nous assurant que seul le droit puisse s’appliquer et que tout le processus ne soit pas instrumentalisé » a souligné Guillaume Ngefa.
Devant la Chambre des représentants, le chef de la diplomatie belge, Maxime Prévot, avait rejeté tout lien entre les récentes perquisitions menées en Belgique dans le cadre d’une procédure judiciaire visant des membres de l’entourage du président congolais. Maxime Prévot avait dénoncé une campagne de désinformation susceptible de fragiliser les relations bilatérales entre les deux pays et affirmé que cette démarche judiciaire n’était soumise à aucune influence politique du gouvernement belge.
Ces différentes sorties médiatiques et réactions interviennent à la suite des perquisitions menées en Belgique contre des membres de l’entourage de Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo, soupçonnés de plusieurs faits présumés, notamment de détournement de fonds et de blanchiment de capitaux. Du côté de l’UDPS, la famille politique de Félix Tshisekedi rejette ces accusations et considère cette démarche comme une campagne de déstabilisation visant le chef de l’État, menée, selon elle, en complicité avec Kigali, certains opposants congolais et certains responsables officiels belges
Clément MUAMBA