Les prestataires engagés dans la riposte contre la maladie à virus Ebola à Rwampara, à Bunia, et au Centre de traitement Ebola (CTE) de Kasenyi, dans la zone de santé de Tchomia, menacent de suspendre leurs activités si leurs arriérés de primes ne sont pas régularisés dans un délai de 48 heures.
À Rwampara, les agents réunis au sein du Collectif des prestataires de terrain de la riposte contre Ebola affirment cumuler 77 jours sans percevoir leurs primes et frais de communication. Dans un mémorandum adressé au gouvernorat de l’Ituri et aux autorités sanitaires, ils dénoncent une situation qui, selon eux, affecte la motivation des équipes et pourrait compromettre la continuité des activités de riposte.
Ces prestataires signalent également des irrégularités présumées dans les listes de paie, notamment la présence de noms qu’ils considèrent comme fictifs. Ils demandent la mise en place d’une commission mixte chargée de vérifier les listes et de s’assurer que les fonds destinés aux agents déployés sur le terrain leur parviennent effectivement.
La même revendication est formulée à Kasenyi, où les prestataires congolais du CTE affirment ne pas avoir reçu leurs primes pour les mois de mai, juin, août et septembre 2026. Ils donnent eux aussi 48 heures au gouvernement pour régulariser leur situation, faute de quoi ils menacent de suspendre leurs activités.
Dans leur mémorandum, ces agents évoquent également une différence de traitement avec leurs collègues ougandais travaillant dans le même centre, qu’ils affirment voir percevoir régulièrement leurs rémunérations.
«Nous avons travaillé pendant quatre mois sans recevoir nos primes. Nos collègues ougandais, avec qui nous travaillons ici au CTE, sont payés régulièrement, sans retard», déclarent-ils.
Une suspension des activités dans ces deux structures pourrait affecter le fonctionnement de la riposte et la prise en charge des patients, alors que l’Ituri reste l’épicentre de l’épidémie d’Ebola en RDC.
Les autorités sanitaires n’ont, pour l’heure, pas encore réagi publiquement à ces menaces de suspension. Leur réponse est désormais attendue, notamment pour apporter des éclaircissements sur les paiements et tenter d’apaiser les prestataires avant l’expiration de l’ultimatum de 48 heures.
Freddy Upar, à Bunia