Le ministre d’État chargé de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a confirmé l’arrestation de Fils Mukoko, cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti au pouvoir, auteur de propos controversés appelant à la distribution d’armes contre les Occidentaux en séjour à Kinshasa et à l’organisation d’un sit-in devant l’ambassade de Belgique.
Lors d’un briefing de presse aux côtés de son collègue de la Communication et des Médias, Guillaume Ngefa s’est insurgé contre l’incitation à la violence, annonçant que l’ancien directeur général adjoint de la Régie d’assainissement de Kinshasa (RASKIN) sera jugé.
« L’incitation à la violence, un gouvernement responsable ne peut pas l’accepter. Nous avons pris une injonction. La personne, aujourd’hui, a été arrêtée et va être jugée. Vous vous rendez compte, dire qu’on va distribuer les machettes et tout ? Nous sommes un pays responsable. C’est l’incitation à la haine sur les réseaux sociaux. Et vous savez exactement notre réponse sur les réseaux sociaux. Ils ne sont pas un espace de non-droit. Les réseaux sociaux ne sont pas un espace d’appel à la haine, à la violence », a-t-il tranché.
Le patron de la justice congolaise a souligné que toute personne impliquée dans des infractions numériques incitant à la violence sera poursuivie, quelle que soit son appartenance politique.
« Ce sont des infractions qui sont prévues par notre législation. Que vous soyez de l’UDPS ou pas, il faut que vous soyez jugé. Et c’est ce que nous sommes en train de faire. Et il (Fils Mukoko) sera jugé », a ajouté Guillaume Ngefa.
Révoqué de ses fonctions de directeur général adjoint de la RASKIN après sa suspension, Fils Benoît Mukoko a été arrêté jeudi à son domicile situé dans la commune de Lemba, à Kinshasa. Peu avant l’intervention de la justice, cette figure connue de l’UDPS, qui avait annoncé vouloir distribuer des armes sur les terrains de football, dans les églises et les universités, avait écopé d’un embargo médiatique de 88 jours infligé par le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC).
De son côté, son parti politique, l’UDPS, s’est désolidarisé de M. Mukoko, réaffirmant son attachement à la non-violence. Le gouvernement avait également condamné ses déclarations, qu’il avait qualifiées d’« irresponsables », appelant la justice à en tirer toutes les conséquences.
Samyr LUKOMBO