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Kinshasa intensifie les échanges avec la MONUSCO et défend ses priorités sécuritaires à deux mois du renouvellement du mandat de la Mission Onusienne 

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À deux mois de l’expiration du mandat de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), Kinshasa intensifie les contacts et multiplie les séances de travail avec la mission onusienne en République démocratique du Congo.

C’est dans ce contexte que jeudi 22 octobre 2026, à Kinshasa, capitale de la RDC, Guy Kabombo Muadiamvita, vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants, a pris part, aux côtés de Mme Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, ainsi que d’autres membres du gouvernement à une réunion de travail conjointe avec une délégation de hauts responsables de la MONUSCO, conduite par M. James Swan, représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC.

D’après la cellule de communication du ministère des Affaires étrangères, les échanges ont principalement porté sur le renouvellement du mandat de la MONUSCO, les priorités de la République démocratique du Congo dans la perspective de ce renouvellement, ainsi que sur l’évolution de la situation sécuritaire et les récents développements du conflit dans l’Est du pays.

Selon la même source, la délégation congolaise a défendu la position d’un mandat qui, une fois de plus, met au premier plan la protection des populations civiles et les priorités sécuritaires définies par les autorités de la RDC. Cette démarche du gouvernement de la RDC intervient dans un contexte marqué par la poursuite des hostilités et la détérioration continue de la situation humanitaire mais aussi par la mutation de la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda en Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par l’ancien chef de l’État Joseph Kabila Kabange.

« À cette occasion, le gouvernement congolais a réaffirmé que la protection des populations civiles doit demeurer la priorité absolue de la MONUSCO et constituer un axe central de son action sur le terrain. Les discussions ont également souligné la nécessité d’adapter le prochain mandat de la Mission aux réalités sécuritaires actuelles, tout en tenant compte des priorités définies par les autorités congolaises » précise le ministère des Affaires étrangères.

Bien avant cette rencontre et les précédentes séances de travail avec la mission de l’ONU en RDC, clamant sa volonté d’honorer les engagements pris dans le cadre du processus de Washington, sous les auspices des États-Unis d’Amérique, le gouvernement de la RDC avait officiellement saisi le Secrétaire général des Nations Unies, l’invitant à recommander au Conseil de sécurité de confier explicitement à la MONUSCO, dans le cadre de la prochaine résolution portant renouvellement de son mandat en décembre, un rôle dans la supervision du processus de neutralisation et de mise en œuvre du protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

C’est ce qu’avait révélé l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, représentant permanent de la République démocratique du Congo auprès des Nations Unies, mardi 29 septembre dernier, lors du briefing trimestriel du Conseil de sécurité consacré à la situation en RDC. Cette demande du gouvernement congolais intervient alors que le mandat actuel de la MONUSCO doit arriver à terme en décembre 2026. Pour Kinshasa, il s’agit notamment de répondre à la question des FDLR, régulièrement mise en avant par Kigali pour justifier ses préoccupations sécuritaires dans l’Est de la RDC.

« Pour vider définitivement l’alibi des FDLR brandi par le Rwanda, la République démocratique du Congo assume ses responsabilités dans le cadre du processus de Washington. En plus des rapatriements volontaires déjà facilités par la MONUSCO, mon gouvernement a signé, le 30 mai 2026, un protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement des FDLR-FOCA. Aux termes de ce protocole, ces combattants s’engagent à déposer les armes dans des sites de cantonnement désignés par les autorités congolaises en vue de leur retour au Rwanda, leur pays d’origine. Ce processus franchit des étapes concrètes. Le 29 août 2026, les groupes CNRD, Ubuyunge, FNL, FPP, Abajiaruk Gamba et Urunana ont formellement adhéré à cette démarche de dépôt volontaire des armes », avait expliqué le diplomate congolais accrédité auprès de l’ONU.

Ces avancées, selon lui, ont déjà été portées à la connaissance du Conseil de sécurité par une correspondance de la ministre d’État des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner.

« Nous demandons que cet effort transparent et vérifiable soit activement soutenu par le Conseil de sécurité et par la MONUSCO dans le cadre de son prochain mandat », a-t-il souligné.

Dans ce contexte, Kinshasa souhaite voir le mandat de la MONUSCO davantage orienté vers l’accompagnement et la vérification du processus de désarmement des FDLR.

« C’est précisément ici que la MONUSCO conserve sa pertinence. La Mission joue un rôle essentiel dans la protection des civils et des humanitaires, l’appui au processus de paix et la vérification du cessez-le-feu. Nous demandons que son nouveau mandat lui permette expressément d’accompagner, de vérifier et de suivre la mise en œuvre du processus de désarmement des FDLR. » a indiqué diplomate congolais auprès de l'ONU.

Pour Kinshasa, l’enjeu est désormais de traduire les engagements diplomatiques en mesures concrètes sur le terrain.

« La République démocratique du Congo est prête à poursuivre le chemin de la paix, mais elle demande à ce Conseil de s’assurer que ce chemin soit emprunté par tous. Transformons enfin les engagements en actes, le cessez-le-feu en paix durable et la coopération régionale en véritable stabilité. C’est à cette seule condition que nous pourrons offrir au peuple congolais ce qu’il réclame légitimement depuis trop longtemps : le droit de vivre en paix, librement et en totale sécurité sur son propre territoire » a fait savoir Zénon Mukongo Ngay.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies avait adopté, le 19 décembre 2025, la résolution 2808 (2025), renouvelant pour un an le mandat de la MONUSCO. Conformément à cette résolution, qui prolonge le mandat de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo jusqu’au 20 décembre 2026, la MONUSCO est notamment autorisée à appuyer la mise en œuvre du cessez-le-feu permanent ainsi que du mécanisme de vérification convenu entre les parties à Doha, notamment en apportant un soutien logistique et technique.

Dans le cadre de ce volet de son mandat, la MONUSCO a soutenu les premières missions de vérification du cessez-le-feu à Minembwe, dans la province du Sud-Kivu, et à Masisi, dans la province du Nord-Kivu, dans l’Est de la RDC.

Clément MUAMBA