Le gouvernement a décidé de suspendre provisoirement l’admission de nouveaux détenus au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK), la prison centrale de Makala à Kinshasa, en raison de la surpopulation carcérale devenue particulièrement préoccupante. La décision a été annoncée par le ministère de la Justice.
Selon ce document rendu public ce mercredi 21 octobre, la mesure découle d’une circulaire par laquelle le ministre d’État, Guillaume Ngefa a ordonné la suspension temporaire des nouvelles admissions dans cet établissement pénitentiaire sauf dérogation dûment justifiée.
« Cette décision intervient dans un contexte de surpopulation carcérale particulièrement préoccupante. Construit pour accueillir 1 500 personnes, cet établissement compte à ce jour 16 155 détenus, dont 303 femmes et 201 enfants en conflit avec la loi. Cette mesure exceptionnelle, de nature conservatoire et provisoire, répond à des impératifs sécuritaires, sanitaires et humanitaires. Elle vise à prévenir une aggravation des conditions de détention et à préserver la sécurité ainsi que la dignité des personnes privées de liberté », lit-on dans le document.
Par cette décision, précise le ministère, l’État réaffirme sa responsabilité en matière d’administration pénitentiaire et de protection des personnes détenues, conformément à la loi n° 23/028 du 15 juin 2023 déterminant les principes fondamentaux relatifs au régime pénitentiaire.
« Le Gouvernement de la République réitère son engagement à poursuivre les mesures de désengorgement des établissements pénitentiaires, à améliorer les conditions de détention et à garantir le respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté ».
Cette décision intervient dans un contexte préoccupant, alors que le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, s’était rendu, le jeudi 15 octobre 2026, accompagné du procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, à Makala, également appelé prison centrale de Makala. Les deux responsables s’y étaient rendus pour s’imprégner des conditions de détention dans cet établissement pénitentiaire stratégique du pays
La vétusté des infrastructures, les difficultés d’accès aux soins médicaux, l’insuffisance de l’alimentation et la surpopulation carcérale constituent autant de maux qui continuent de fragiliser le système pénitentiaire en République démocratique du Congo (RDC). Malgré plusieurs promesses et mesures annoncées par les dirigeants pour désengorger les prisons et améliorer les conditions de détention, plusieurs établissements restent confrontés à des défis structurels qui interpellent les pouvoirs publics sur l’effectivité des droits fondamentaux des personnes privées de liberté
Clément MUAMBA