L’appel à la grève lancé pour ce lundi 19 octobre à Kinshasa par certaines associations de chauffeurs des transports en commun n’a pas été suivi comme prévu. Réagissant à ACTUALITÉ.CD, Erick Manianga, le président de Mopila Asbl, l'une des associations initiatrices de la grève, déplore la désolidarisation de certaines organisations, suite aux contacts établis par les autorités avec leurs responsables. Il dénonce également la corruption et réclame des solutions concrètes aux problèmes qui affectent les conducteurs dans la capitale congolaise.
Selon ce responsable, certaines associations qui s’étaient initialement engagées dans cette démarche ont subitement changé de position après avoir été contactées par les autorités urbaines. Il affirme que son organisation souhaitait, pour sa part, échanger directement avec le gouverneur de Kinshasa afin de lui dresser les principales revendications des chauffeurs.
« Elles ont été contactées par une autre institution de la ville et ont cédé à cette démarche », explique Erick Manianga, sans toutefois identifier les associations concernées ni préciser l’institution qui les aurait approchées.
Malgré cette désolidarisation, le président de Mopila Asbl assure que son organisation entend poursuivre son action dans le respect de la légalité. Il évoque également des intimidations subies tout en réaffirmant sa détermination à défendre les droits des chauffeurs.
Corruption, embouteillages et stationnement au cœur des revendications
Au-delà des divergences entre associations, le responsable de Mopila Asbl insiste sur les difficultés auxquelles sont confrontés les conducteurs de Kinshasa. Il cite notamment la question de la taxe de stationnement, le manque de parkings et les embouteillages qui paralysent régulièrement la circulation dans la capitale.
Il affirme avoir adressé avec ses pairs, une correspondance aux autorités provinciales reprenant les principales préoccupations des chauffeurs. À ce jour, regrette-t-il, son organisation n’a toujours pas obtenu de réponses concrètes à ces revendications.
Il dénonce également les pratiques de corruption et le détournement présumé des recettes publiques, liées à la taxe des parkings, appelant les autorités à apporter des réponses aux problèmes soulevés.
« Nous disons non à la corruption, nous disons non aux antivaleurs, nous disons non au détournement de l’argent des contribuables congolais », déclare-t-il.
Dans une lettre adressée au gouverneur de la ville, la corporation des associations des chauffeurs de Kinshasa a énuméré plusieurs revendications, notamment le flou entourant la taxe de stationnement imposée aux conducteurs et aux motards depuis 2020, la révision des tarifs de transport et des charges d’exploitation, le manque de parkings et d’espaces d’arrêt aménagés, ainsi que la persistance des embouteillages et les limites des nouveaux plans de régulation de la circulation routière.
Samyr LUKOMBO