La position attendue de Belgique après la création du mouvement politico-militaire Front pour la refondation de la nation (FRN), est finalement tombée ce mercredi 21 octobre. Par le biais de Maxime Prévot, son Vice-premier ministre des affaires étrangères, le Royaume de Belgique a condamné sans détour, le choix de l’ancien président de la République Joseph Kabila de mener une rébellion. « Il s’agit d’un développement très préoccupant que je condamne sans la moindre équivoque », a déclaré Maxime Prévot.
« Que Joseph Kabila, un ancien chef d’Etat, qui a lui-même été confronté aux ravages des rébellions armées, fasse le choix de prendre la tête d’un mouvement politico-militaire, qui entend parvenir au pouvoir par les armes, plutôt que par les voies démocratiques, est à la fois déplorable, incompréhensible et inacceptable », a-t-il déploré.
Il s’agit d’une première condamnation de la « communauté internationale » après l’annonce du FRN le 12 octobre dernier à Goma. Le mouvement s’est donné comme mission principale, « de mettre fin à la tyrannie ». Le mouvement affirme qu’il utiliserait tous les moyens y compris la force.
« Nul ne peut prétendre agir ainsi dans l’intérêt de son peuple en recourant à la violence comme instrument d’actions politiques et en s’attaquant aux institutions de son propre pays. Cette voie est profondément illégitime et ne conduit ni à la stabilité, ni à la paix, ni à la démocratie. Celui qui l’apprête, devra en assumer pleinement la responsabilité », a souligné le VPM Belge des affaires étrangères.
La Belgique encourage le dialogue pour les crises qui secouent la RDC. « Toute escalade armée ne ferait qu’aggraver les souffrances des populations qui demeurent la première victime des rivalités et d’ambitions qui la dépassent. Ces violences insensées doivent stopper », a martelé le diplomate.
Par ailleurs, Maxime Prévot appelle à privilégier le dialogue et les solutions pacifiques aux crises que traverse la RDC.
« Il souligne la nécessité de préserver les acquis des processus de Doha et de Washington, d’assurer la mise en œuvre des engagements souscrits, de respecter le cessez-le-feu et de garantir la protection des populations civiles ».
Sur ce point, le FRN a, au lendemain de son lancement, rassuré qu’il « succède de plein droit et reprend l’intégralité des droits, obligations et engagements de cette dernière [AFC/M23], notamment ceux souscrits dans le cadre des négociations de Doha ».