La France par l’intermédiaire de sa représentation au Conseil de sécurité des Nations unies a réaffirmé son soutien aux efforts diplomatiques visant à rétablir durablement la paix dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Lors d’une session du Conseil de sécurité consacrée à la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs avec un accent particulier sur la RDC, le représentant permanent de la France auprès des Nations unies Jérôme Bonnafont a insisté sur la nécessité de rendre effectif le cessez-le-feu et de garantir la pérennité du mécanisme de vérification.
Au cours de cette session présidée mardi 13 octobre 2026 par la Grèce qui assure la présidence du Conseil de sécurité pour le mois d’octobre, la France a salué le déploiement des deux premières missions de vérification du cessez-le-feu du Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVE+), respectivement à Minembwe, dans la province du Sud-Kivu, et à Masisi, dans celle du Nord-Kivu.
« Le cessez-le-feu doit être concrétisé alors que son mécanisme de vérification est en train de se mettre en place. La France salue les deux premières missions de terrain conduites par le Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus à Minembwe (Sud-Kivu) et à Masisi (Nord-Kivu). Nous remercions la MONUSCO pour le soutien apporté conformément à son mandat, tel que révisé par ce Conseil en décembre dernier, ainsi que l’Union africaine et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs pour leur appui » a déclaré le diplomate français.
Le représentant permanent de la France auprès des Nations unies a, par ailleurs réaffirmé le soutien de Paris aux partenaires qui contribuent aux efforts diplomatiques en faveur de la désescalade. Au nom du gouvernement français, il a également insisté sur la nécessité de renforcer le soutien à la médiation conduite par l’Union africaine, considérée comme un levier important pour faire progresser le processus de paix dans la région des Grands Lacs.
« Nous réaffirmons notre soutien aux médiations et aux partenaires internationaux ayant contribué à ce résultat : les États-Unis d’Amérique, le Qatar, la Suisse et le Togo. Nous appelons en particulier à appuyer les efforts de la médiation de l’Union africaine. Le récent déplacement des trois facilitateurs en RDC et au Rwanda constitue une contribution utile au processus de paix », a affirmé le diplomate français.
Malgré les avancées enregistrées, la France estime que des efforts supplémentaires restent nécessaires pour garantir l’efficacité du mécanisme de vérification et traduire les engagements pris en résultats durables sur le terrain.
« Des efforts supplémentaires sont attendus des parties pour pérenniser ce mécanisme et pour concrétiser une cessation permanente des hostilités », a souligné Jérôme Bonnafont, représentant permanent de la France auprès des Nations unies.
Le déploiement de ces missions faisait suite aux engagements convenus à l’issue de la retraite d’évaluation tenue du 17 au 21 août en Suisse entre les représentants de Kinshasa et ceux de l’AFC/M23. Selon le communiqué final rendu public à l’issue de cette rencontre, les deux parties ont notamment évalué l’état de mise en œuvre de l’Accord-cadre signé à Doha et adopté une feuille de route pour la poursuite des négociations sur les différents protocoles restants, en vue de parvenir à la signature d’un accord de paix censé contribuer au rétablissement de la paix et de l’autorité de l’État dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Le choix de Minembwe pour cette première mission revêt une importance particulière. Située dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, cette zone reste marquée par une situation sécuritaire fragile et des tensions persistantes, souvent à l’origine d’accusations mutuelles liées au non-respect des engagements pris entre les deux parties. Il en est de même pour le territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu, où de violents combats sont régulièrement signalés et donnent lieu à des accusations mutuelles de violations des engagements entre Kinshasa et l’AFC/M23 que les autorités congolaises et l'ONU accusent d’être soutenue par le Rwanda.
Ce mécanisme, voulu et réclamé par les partenaires de la RDC engagés dans les initiatives diplomatiques visant à résoudre la crise sécuritaire, s’inscrit dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu signé à Doha entre les deux parties en octobre 2025. Toutefois, sa mise en place, en prélude à son déploiement effectif, intervient dans un contexte où Kinshasa et l’AFC/M23 continuent de s’accuser mutuellement de nouvelles attaques contre les civils et de violations des engagements pris.
Conformément à la résolution 2808 (2025), qui prolonge le mandat de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) jusqu’au 20 décembre 2026, la Mission est autorisée à appuyer la mise en œuvre du cessez-le-feu permanent ainsi que du mécanisme de vérification convenu entre les parties à Doha, notamment en apportant un soutien logistique et technique.
Clément MUAMBA