La population carcérale de la prison centrale de Makala, à Kinshasa, est passée d’environ 8 000 détenus lors d’une précédente visite du ministre de la Justice à plus de 16 000 en octobre 2026, sans augmentation du budget de fonctionnement de l’établissement. Cette évolution, relevée par Guillaume Ngefa Atondoko Andali lors d’une visite effectuée le jeudi 15 octobre, met en évidence les difficultés matérielles auxquelles la prison est confrontée.
« Quand je prenais fonction et que je suis venu ici pour la première fois, vous étiez 8 000. Aujourd’hui, vous êtes 16 000, ce qui représente quand même une augmentation exponentielle, avec le même budget », a déclaré le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux.
Selon lui, cette hausse de la population carcérale exerce une pression supplémentaire sur les ressources disponibles, notamment pour l’alimentation des détenus.
« Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’on nourrit 16 000 personnes avec un budget prévu pour moins de 5 000. Nous devons donc formuler des recommandations appropriées », a-t-il ajouté.
Cette évolution s’inscrit dans une situation de surpopulation extrême. La prison de Makala, également appelée Centre pénitentiaire de rééducation de Kinshasa (CPRK), est conçue pour accueillir 1 500 personnes, mais elle en héberge 16 238 selon les chiffres présentés lors de la visite. Le nombre de détenus dépasse ainsi de très loin la capacité prévue.
Accompagné du procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, le ministre a visité plusieurs pavillons, dont ceux des femmes, des enfants en conflit avec la loi et des détenus malades. La délégation a constaté la promiscuité, la vétusté des infrastructures et les difficultés d’accès aux soins.
Les conditions d’hébergement et d’alimentation figurent parmi les préoccupations soulevées lors de cette visite. Des détenus ont notamment affirmé manquer d’espace pour dormir et demandé des mesures de grâce. Le ministre a, pour sa part, annoncé des recommandations visant à désengorger l’établissement et à améliorer la prise en charge des personnes détenues.
Des mesures de mise en liberté ont également été évoquées. Le procureur général a procédé à quelques libérations symboliques parmi 108 détenus identifiés après examen de leurs situations individuelles, tandis que 66 détenus avaient bénéficié de libérations conditionnelles la semaine précédente.
Pour Guillaume Ngefa, l’augmentation du nombre de détenus sans évolution correspondante des moyens de fonctionnement appelle des mesures urgentes. Il a annoncé son intention de revenir à Makala avant la fin de l’année afin d’évaluer l’évolution des conditions de détention.
Kuzamba Mbuangu