Après une longue tournée européenne et africaine en juillet dernier, puis à nouveau au mois d’octobre en cours, Kinshasa, à travers le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, porteur du message du président Félix Tshisekedi auprès des différents partenaires de la RDC, met en avant le protocole d’accord signé avec les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), portant sur la démilitarisation, la démobilisation et le cantonnement de ces combattants. Le gouvernement de la République démocratique du Congo considère ce protocole comme une avancée majeure dans la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre de l’accord de paix signé à Washington entre la RDC et le Rwanda, sous la facilitation des États-Unis.
La question des FDLR, l’une des principales causes des tensions sécuritaires et diplomatiques entre Kinshasa et Kigali, a été abordée mardi 13 octobre par les États-Unis lors de la session du Conseil de sécurité consacrée à la situation dans la région des Grands Lacs, avec un accent particulier sur la situation sécuritaire en République démocratique du Congo.
« Les progrès vers la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) doivent se poursuivre. Toute coopération en cours entre les FDLR et des éléments des forces armées congolaises doit cesser immédiatement. Le rapatriement de plus de 120 anciens combattants des FDLR et de leurs familles, avec le soutien de la MONUSCO, constitue un progrès tangible. Le récent plan du gouvernement de la RDC visant à poursuivre la démobilisation pourrait s’avérer une mesure encourageante », a déclaré l’ambassadeur Jeffrey Bartos, représentant des États-Unis pour la gestion et la réforme des Nations unies.
Les États-Unis appellent le gouvernement congolais à préciser les différentes modalités de mise en œuvre de ce plan de démobilisation, de désarmement et de cantonnement.
« Nous exhortons la RDC à préciser les modalités opérationnelles de son plan et à en entamer rapidement la mise en œuvre. La coordination avec la MONUSCO et les partenaires régionaux et internationaux sera essentielle pour que ce plan se traduise par des résultats concrets » a recommandé le diplomate.
Par ailleurs, l’ambassadeur américain Jeffrey Bartos a appelé la RDC et le Rwanda à tirer profit de la prochaine conférence de planification du Mécanisme conjoint de coordination en matière de sécurité, prévue au cours de ce mois d’octobre. Selon le diplomate, l’objectif est d’inciter les deux pays à mieux honorer leurs engagements dans le cadre du processus de Washington.
« La conférence de planification d’octobre du Mécanisme conjoint de coordination en matière de sécurité offre l’occasion de définir des mesures concrètes pour garantir que la RDC et le Rwanda respectent leurs obligations découlant des Accords de Washington. Nous encourageons vivement les deux parties à utiliser ce mécanisme pour échanger des informations et faire progresser les opérations convenues ».
L’accord de paix signé à Washington sous les auspices des États-Unis d'Amérique entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda prévoit notamment la neutralisation des FDLR et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais. Plus d’un an après sa signature, Kinshasa a annoncé un protocole visant le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des FDLR
Kigali conteste cette démarche, estimant que l’accord prévoit la neutralisation des FDLR et non la mise en place d’un protocole spécifique de désarmement, de démobilisation et de cantonnement. Kinshasa défend, de son côté, le désarmement volontaire comme moyen de neutraliser durablement le groupe armé et de lever l’argument sécuritaire invoqué par Kigali pour justifier sa présence sur le sol congolais
Au Conseil de sécurité de l’ONU, au mois de juin, les États-Unis, par la voix de Massad Boulos, ont reconnu des difficultés dans l’application de l’accord et appelé les deux parties à respecter leurs engagements. La persistance des violences, les accusations réciproques de violations du cessez-le-feu et les divergences d’interprétation continuent de freiner le processus de paix, tandis que les populations civiles restent les principales victimes des hostilités
Clément MUAMBA