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Jean-Claude Muyambo à Kabila : « Sa place est à la CPI »

Photo d'illustration

Jean-Claude Muyambo Kyassa hausse le ton contre Joseph Kabila. S’exprimant ce jeudi à Lubumbashi, le président national de la Solidarité congolaise pour la démocratie (SCODE) a réclamé le transfert de l’ancien chef de l’État devant la Cour pénale internationale (CPI), estimant que les faits qu’il lui reproche justifieraient une telle démarche.

« La place de Kabila, au regard de ce qu’il a fait dans ce pays, c’est à la Cour pénale internationale (CPI). Il l’avait déjà fait avec Jean-Pierre Bemba, et le président Tshisekedi doit l’envoyer à la CPI », a déclaré Jean-Claude Muyambo.

Dans sa mise au point, JC Muyambo a établi un parallèle avec le parcours judiciaire de Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la République démocratique du Congo, qui a été poursuivi devant la CPI. Il estime que Joseph Kabila devrait, à son tour, répondre devant cette juridiction internationale des faits qu’il lui attribue.

« Bemba a beaucoup souffert. Mais pour Kabila, toutes les preuves sont là. Et pourquoi on le laisse sans l’envoyer à la CPI ? », s’est-il interrogé. 

« Il ne mettra plus ses pieds ici au Katanga »

Au-delà de sa demande de poursuites internationales, Jean-Claude Muyambo a adopté un ton particulièrement ferme à l’égard de l’ancien président, dont il conteste la posture politique actuelle.

« Dans quel pays du monde un ancien président devient-il un rebelle dans son propre pays ? », a-t-il lancé, avant de s’opposer publiquement à un éventuel retour de Joseph Kabila dans l’espace katangais.

« Voilà pourquoi je lui dis aujourd’hui, avec la voie qu’il a suivie, il ne mettra plus ses pieds ici au Katanga. Nous devons dire non à Kabila et à ses aventures. Nous savons d’où il est venu et il ne peut pas nous coloniser », a-t-il affirmé.

Le 12 octobre dernier, à Goma, Joseph Kabila a été désigné à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), un nouveau mouvement politico-militaire présenté comme le successeur de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), liée au M23. Cette nouvelle structure affirme vouloir combattre le pouvoir de Kinshasa « par tous les moyens, y compris la force ». Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa en sont notamment les vice-présidents.

Cette annonce marque une implication plus directe de l’ancien président dans la dynamique politico-militaire opposée au gouvernement de Félix Tshisekedi. Les autorités congolaises l’accusent depuis plusieurs mois de soutenir la rébellion, ce que Joseph Kabila a toujours contesté. Il a été condamné à mort par contumace en septembre 2025 par la justice militaire congolaise, notamment pour trahison et crimes de guerre, dans une affaire liée à son soutien présumé à la rébellion.

C’est dans ce contexte que Jean-Claude Muyambo Kyassa, président national de la SCODE, réclame son transfert devant la CPI et rejette son éventuel retour au Katanga.

José Mukendi