Plus d’un an après la mise en œuvre des accords de Washington et le lancement du processus de Doha, les résultats escomptés sur le terrain semblent mitigés au regard de la poursuite des hostilités dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Pour les partenaires de la RDC et l’ensemble de la communauté internationale, la solution à cette crise demeure politique et diplomatique et non militaire.
C’est le sens de l’appel lancé par la France, par l’intermédiaire de sa représentation au Conseil de sécurité des Nations unies, à l’occasion de l’examen de la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs avec un accent particulier sur la situation en RDC.
Au cours de cette session, tenue mardi 13 octobre 2026 sous la présidence de la Grèce qui assure la présidence du Conseil de sécurité pour le mois d’octobre, Jérôme Bonnafont, représentant permanent de la France auprès des Nations unies à New York, aux États-Unis a exhorté les parties à respecter et à mettre en œuvre les engagements pris dans le cadre des processus de Washington et de Doha.
À cela s’ajoute un appel à la mise en œuvre de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU
Abordant la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), considérées par Kigali comme une menace pour sa sécurité, Jérôme Bonnafont a invité le gouvernement congolais à mettre en œuvre, dans les meilleurs délais, le protocole relatif au désarmement, à la démobilisation et au cantonnement des FDLR. Il a également assuré que la France et les autres membres du Conseil étaient disposés à soutenir cette initiative.
« Nous appelons les parties à la mise en œuvre intégrale et inconditionnelle de la résolution 2773 et des accords conclus sous l’égide des processus de Washington et de Doha. La République démocratique du Congo a présenté au Conseil un protocole de démobilisation des FDLR en juillet dernier. Nous saluons l’implication des autorités congolaises en faveur d’une neutralisation efficace des FDLR et de l’arrêt de toute collaboration avec ceux-ci, conformément à la résolution 2773, et nous appelons à la mise en œuvre rapide du protocole. Nous nous tenons prêts à accompagner toute avancée en lien avec les membres du Conseil » a déclaré Jérôme Bonnafont, représentant permanent de la France auprès des Nations-Unies.
Se référant une nouvelle fois à la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée à l’unanimité au lendemain de la prise et de l’occupation des villes de Goma, au Nord-Kivu, et de Bukavu, au Sud-Kivu, par la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda, la France a réitéré sa position en exigeant le retrait des forces armées rwandaises du territoire congolais ainsi que la cessation de tout soutien à cette rébellion qui occupe de vastes pans du territoire national.
« Nous rappelons également les dispositions de la résolution 2773 concernant l’appel aux Forces rwandaises de défense à se retirer sans condition du territoire congolais et à cesser tout soutien au M23 » a insisté le représentant permanent de la France auprès du Conseil de sécurité de l’ONU.
L’accord de paix signé à Washington sous les auspices des États-Unis d'Amérique entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda prévoit notamment la neutralisation des FDLR et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais. Plus d’un an après sa signature, Kinshasa a annoncé avoir obtenu un protocole visant le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des FDLR.
Kigali conteste cette démarche, estimant que l’accord prévoit la neutralisation des FDLR et non la mise en place d’un protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement. Kinshasa défend, de son côté, le désarmement volontaire comme moyen de neutraliser durablement le groupe armé et de lever l’argument sécuritaire invoqué par Kigali pour justifier sa présence sur le sol congolais.
Au Conseil de sécurité de l’ONU, au mois de juin, les États-Unis, par la voix de Massad Boulos, ont reconnu des difficultés dans l’application de l’accord et appelé les deux parties à respecter leurs engagements. La persistance des violences, les accusations réciproques de violations du cessez-le-feu et les divergences d’interprétation continuent de freiner le processus de paix, tandis que les populations civiles restent les principales victimes des hostilités.
Clément MUAMBA