Après les étapes continentale et régionale, la délégation de la République démocratique du Congo (RDC) conduite par Floribert Anzuluni, ministre de l’Intégration régionale, poursuit sa tournée diplomatique en mettant cette fois-ci le cap sur l’Europe, plus précisément à Bruxelles, en Belgique.
Le ministre y a été reçu successivement par le représentant spécial de l’Union européenne pour la région des Grands Lacs, l’ambassadeur Johan Borgstam, et par M. Hubert Roisin, directeur de cabinet du vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, empêché en raison de sa participation au Conseil de l’Union européenne, au Luxembourg
À cette étape de la tournée, rapporte la cellule de communication du ministère de l’Intégration régionale ce mardi 13 octobre 2026, l’émissaire congolais a transmis à ses interlocuteurs un message « spécial » du président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi, avant de présenter les avancées enregistrées par la RDC depuis la publication, en juillet dernier, du « Protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement des FDLR par la sensibilisation »
Au cours des échanges avec ces deux personnalités, Floribert Anzuluni, ministre de l’Intégration régionale, a également présenté la feuille de route définissant les prochaines étapes de la mise en œuvre du processus jusqu’à son aboutissement. Selon la source précitée, cette démarche diplomatique témoigne de la détermination du gouvernement congolais à honorer ses engagements en faveur de la paix et de la stabilité régionales, notamment dans le cadre des accords de paix de Washington conclus entre la RDC et le Rwanda en décembre 2025, sous la médiation des États-Unis d’Amérique
Cette nouvelle rencontre s’inscrit dans le cadre de la mission diplomatique conduite par le ministre de l’Intégration régionale, en qualité d’Envoyé spécial du président de la République, Félix Tshisekedi auprès des partenaires régionaux et internationaux de la RDC. Alors que les parties font régulièrement face aux pressions du médiateur américain concernant le respect des engagements issus de l’Accord, Kinshasa inscrit cette tournée dans une démarche visant à tenir ses partenaires informés des progrès réalisés par le gouvernement congolais et à solliciter leur accompagnement jusqu’à la mise en œuvre complète du Protocole
L’accord de paix signé à Washington sous les auspices des États-Unis d'Amérique entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda prévoit notamment la neutralisation des FDLR et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais. Plus d’un an après sa signature, Kinshasa a annoncé un protocole visant le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des FDLR
Kigali conteste cette démarche, estimant que l’accord prévoit la neutralisation des FDLR et non la mise en place d’un protocole spécifique de désarmement, de démobilisation et de cantonnement. Kinshasa défend, de son côté, le désarmement volontaire comme moyen de neutraliser durablement le groupe armé et de lever l’argument sécuritaire invoqué par Kigali pour justifier sa présence sur le sol congolais
Au Conseil de sécurité de l’ONU, au mois de juin, les États-Unis, par la voix de Massad Boulos, ont reconnu des difficultés dans l’application de l’accord et appelé les deux parties à respecter leurs engagements. La persistance des violences, les accusations réciproques de violations du cessez-le-feu et les divergences d’interprétation continuent de freiner le processus de paix, tandis que les populations civiles restent les principales victimes des hostilités
Clément MUAMBA