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Conseil de sécurité : Kinshasa veut un rôle renforcé de la MONUSCO dans son prochain mandat pour le processus de désarmement des FDLR

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Clamant sa volonté d’honorer les engagements pris dans le cadre du processus de Washington, notamment l’accord de paix signé avec le Rwanda sous les auspices des États-Unis, le gouvernement de la République démocratique du Congo a officiellement saisi le secrétaire général des Nations Unies, l’invitant à recommander au Conseil de sécurité de confier explicitement à la MONUSCO, dans le cadre de la prochaine résolution portant renouvellement de son mandat en décembre, un rôle dans la supervision du processus de neutralisation et de mise en œuvre du protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

C’est ce qu’a révélé l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, représentant permanent de la République démocratique du Congo auprès des Nations Unies, mardi 29 septembre 2026, lors du briefing trimestriel du Conseil de sécurité consacré à la situation en RDC. Cette demande du gouvernement congolais intervient à trois mois de l’expiration du mandat actuel de la MONUSCO, qui doit arriver à terme en décembre 2026. Pour Kinshasa, il s’agit notamment de répondre à la question des FDLR, régulièrement mise en avant par Kigali pour justifier ses préoccupations sécuritaires dans l’Est de la RDC.

« Pour vider définitivement l’alibi des FDLR brandi par le Rwanda, la République démocratique du Congo assume ses responsabilités dans le cadre du processus de Washington. En plus des rapatriements volontaires déjà facilités par la MONUSCO, mon gouvernement a signé, le 30 mai 2026, un protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement des FDLR-FOCA. Aux termes de ce protocole, ces combattants s’engagent à déposer les armes dans des sites de cantonnement désignés par les autorités congolaises en vue de leur retour au Rwanda, leur pays d’origine. Ce processus franchit des étapes concrètes. Le 29 août 2026, les groupes CNRD, Ubuyunge, FNL, FPP, Abajiaruk Gamba et Urunana ont formellement adhéré à cette démarche de dépôt volontaire des armes », a expliqué le diplomate congolais accrédité auprès de l’ONU.

Ces avancées ont, selon le diplomate congolais, déjà été portées à la connaissance du Conseil de sécurité par une correspondance de la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et des Congolais de la diaspora, Thérèse Kayikwamba Wagner.

« Le Conseil de sécurité a d’ailleurs été officiellement saisi de ces avancées par la lettre de Son Excellence Madame la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et des Congolais de la diaspora, Thérèse Kayikwamba Wagner, publiée sous la cote S/2026/633. Nous demandons que cet effort transparent et vérifiable soit activement soutenu par le Conseil de sécurité et par la MONUSCO dans le cadre de son prochain mandat », a-t-il fait savoir dans son intervention.

Dans ce contexte, Kinshasa souhaite voir le mandat de la MONUSCO davantage orienté vers l’accompagnement et la vérification du processus de désarmement des FDLR.

« C’est précisément ici que la MONUSCO conserve sa pertinence. La Mission joue un rôle essentiel dans la protection des civils et des humanitaires, l’appui au processus de paix et la vérification du cessez-le-feu. Nous demandons que son nouveau mandat lui permette expressément d’accompagner, de vérifier et de suivre la mise en œuvre du processus de désarmement des FDLR », a déclaré le représentant permanent de la RDC.

Abordant plus largement l’avenir de la MONUSCO, l’ambassadeur congolais a également fait état des consultations engagées par le gouvernement de la République, notamment dans un contexte marqué par d’importantes contraintes financières auxquelles fait face la Mission.

« Concernant l’avenir de la MONUSCO, tout en soulignant le défaut criant de ses moyens financiers, le gouvernement de la République a commencé des consultations approfondies. Celles-ci ont pour but de produire une note de cadrage stratégique qui déterminera précisément les objectifs, les priorités ainsi que la formulation de la future résolution de cette mission de maintien de la paix », a-t-il expliqué.

Pour Kinshasa, l’enjeu est désormais de traduire les engagements diplomatiques en mesures concrètes sur le terrain.

« La République démocratique du Congo est prête à poursuivre le chemin de la paix, mais elle demande à ce Conseil de s’assurer que ce chemin soit emprunté par tous. Transformons enfin les engagements en actes, le cessez-le-feu en paix durable et la coopération régionale en véritable stabilité. C’est à cette seule condition que nous pourrons offrir au peuple congolais ce qu’il réclame légitimement depuis trop longtemps : le droit de vivre en paix, librement et en totale sécurité sur son propre territoire », a fait savoir Zénon Mukongo Ngay.

L’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, signé à Washington sous facilitation américaine, a placé la question de la neutralisation des FDLR et celle de la levée des mesures défensives du Rwanda parmi les engagements sécuritaires des deux parties. La levée des mesures défensives implique notamment, selon la lecture défendue par Kinshasa, le retrait des forces rwandaises du territoire congolais.

Le nouveau protocole relatif au désarmement, à la démobilisation et au cantonnement des FDLR annoncé par Kinshasa est toutefois contesté par Kigali. Les autorités rwandaises estiment que cette démarche n’est pas conforme aux dispositions de l’accord de Washington. Kigali a qualifié cette initiative de « non-événement » et accusé Kinshasa de ne pas respecter ses engagements.

Kinshasa défend, pour sa part, une lecture différente de la démarche. Pour les autorités congolaises, la neutralisation et la démobilisation, désarmement et cantonnement effective des FDLR doit notamment permettre de priver Kigali de l’argument lié à la présence de ce groupe armé pour justifier le maintien de ses forces sur le territoire congolais.

Clément MUAMBA