Les inondations ont sévèrement frappé la RDC pendant trois années consécutives, mais leurs pertes économiques restent insuffisamment documentées, selon un rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM).
Pour 2025, l’organisation fait état d’au moins 165 morts, de plus de 7 000 personnes déplacées et de plus de 60 000 habitants affectés à Kinshasa.
Ces bilans sont liés aux inondations qui ont frappé la capitale au début du mois d’avril, provoquées par des pluies intenses, des crues soudaines, le débordement de la rivière N'djili et des glissements de terrain.
Mais contrairement à d’autres catastrophes hydrologiques recensées dans le monde, le rapport ne fournit aucune estimation du coût économique des inondations en RDC.
Il ne chiffre ni les habitations et les commerces détruits, ni les dégâts causés aux routes, aux ponts et aux autres infrastructures. Les pertes de revenus des ménages et des entreprises ainsi que les dépenses engagées pour les secours, les soins et le relogement ne sont pas davantage évaluées.
L’OMM souligne que les conséquences financières des catastrophes liées à l’eau restent difficiles à mesurer, en particulier dans les pays où les systèmes d’assurance et les mécanismes de comptabilisation des pertes sont peu développés.
Cette insuffisance complique les comparaisons entre pays et peut conduire à sous-évaluer le poids réel des inondations sur les économies nationales et locales.
Le rapport cite, à l’inverse, plusieurs catastrophes pour lesquelles des estimations sont disponibles. En Jamaïque, les pertes causées par l’ouragan Melissa et les inondations associées ont représenté 41 % du produit intérieur brut. Au Sri Lanka, le cyclone Ditwah a provoqué des pertes évaluées à environ 4 % du PIB.
Pour la RDC, l’OMM documente surtout le bilan humain. Elle constate que le pays a connu de graves inondations en 2023, 2024 et 2025, sans établir le coût cumulé de ces trois années de catastrophes.
L’organisation insiste plus largement sur la nécessité d’améliorer la collecte, le partage et l’actualisation des données hydrologiques. Ces informations sont essentielles pour anticiper les risques, orienter les investissements et mesurer les pertes évitables.
Le rapport ne détermine toutefois pas à quelle institution congolaise incomberait l’établissement d’un bilan économique consolidé des inondations.